Si la mode se démode, le style de Miranda Priestly n’a lui pas pris un froissement. Elégante héroïne écrivant une nouvelle page du magazine Runway vingt ans après avoir tourné la première dans « Le Diable s’habille en Prada ». Une suite évènement redessinant les contours d’un univers aussi glamour qu’impitoyable, de paire avec une presse également en plein relooking.

Un défilé sur talons hauts d’humour mordant
Se retrouver déclasser dans l’enfer de la classe économique, déjeuner à la cantine attablée avec des collègues. Si elle veut garder sa couronne et son Empire Miranda Priestly (Meryl Streep) va devoir se retrousser les manches. Reine de beauté revêtant pour « Le Diable s’habille en Prada 2 » son costume de diablesse en escarpins et marques de luxe. Accrochant désormais seule son manteau autrefois jeté sur le bureau de son assistante. Job en l’apparence de rêve pour lequel « des millions de filles tueraient », libéré il y a vingt ans par l’audacieuse Andy (Anne Hataway). Reconvertie à présent en tant que journaliste connue et reconnue pour un grand titre new-yorkais. Du moins jusqu’à son licenciement à cause d’un plan social. Tandis que la grande entreprise de son ex patronne de Runaway demeure elle aussi en perte de vitesse. Une référence mode menacée de devenir un torchon scrollé aux toilettes dirigé par un milliardaire déconnecté de la réalité. Un magazine papier moins rempli d’interviews de stars, vendant de moins en moins d’exemplaires. Au même titre que son audience web stagnante. À l’exception d’un article faisant le buzz accusant la marque de vêtements d’un article d’exploiter ses petites mains. Une image entachée à redorer auprès des annonceurs et actionnaires ainsi qu’une audience publique à redresser. Qui de mieux que la presse pour redessiner tout cela ? Encore mieux le regard d’une ex assistante connaissant la réalité du terrain. C’est donc de paire avec sa cheffe de l’époque qu’Andy va devoir sortir les griffes pour les tirer d’affaires mutuellement. Si cette dernière a gagné en style vestimentaire, son ainée semble elle cacher sous ses robes et accessoires hautes coutures finalement une forme de fragilité et part d’humanité. Encore plus lorsqu’il s’agit de rediriger son avenir professionnelle. Allant même jusqu’à murmurer un remerciement à sa collaboratrice entre deux réflexions autoritaires. Une héroïne demeurant moins ange que démon dont la classe impériale et l’humour n’ont pas pris un pli. Un défilé de vannes et réflexions poilantes toujours aussi piquantes, et quelques passages plus décousus. Avec pour podium l’une des capitales de la mode, Milan et les grands palaces du lac de Côme. Un cadre en mettant plein les yeux, autant que les tenues de ces dames et messieurs tous sur leur 31.

Evolution de la mode et défense de la presse dans l’objectif
C’est donc loin de ses bureaux New-Yorkais que Miranda Priestly continue de laisser au placard la taille 40 et les pulls conforts de l’époque d’Andy. Excepté son fameux pull bleu céruléen glissé dans l’une des scènes à la touche rétro. Autres références au film historique la soupe au maïs au menu du jour ou un clin d’oeil à l’escalier chez Miranda à ne pas monter. « Qui serait assez fou pour s’y aventurer ? » interroge naïvement le nouveau stagiaire rappelant à Andy ses premiers pas fébriles au bras d’Emily (Emily Blunt). Ex collègue opportuniste à présent conseillère chez Dior n’ayant définitivement pas que les talons qui rayent le parquet. Tandis que le fidèle Nigel (Stanley Tucci) demeure l’un des murs porteurs de l’entreprise. Des personnages iconiques participant à la renommé et au succès du film, qui ont tous bien mûri. Des grandes retrouvailles jubilatoires à la griffe malicieuse d’origine. Un second volet dans l’air du temps retaillé avec modernité mettant en lumière l’évolution de la mode et de la presse. Tirant les fils d’univers en perte de vitesse entachés par l’accélération des réseaux sociaux et d’une ère artificielle visant d’avantage de profits engrangés avec rapidité. Une suite cousue autour de la liberté et de l’importance des médias, pointant également du doigt la difficulté à jongler entre travail passion et vie personnelle. Un choix toujours aussi cornélien pour Miranda malgré pas prête de raccrocher son costume de diablesse. Copiée mais jamais égalée par la concurrence. Ainsi que pour Andy, quarantenaire carriériste sans enfant. À moins que son nouveau crush entrepreneur immobilier ne la motive à décongeler ses ovocytes. Ce qui ferait un bon synopsis pour un troisième volet qui traiterait le cumul carrière et vie de maman. Un duo d’héroïnes écrivant pour l’heure une happy ending où elles vécurent heureux et firent beaucoup d’exemplaires.
L’info + : Le premier volet du « Diable s’habille en Prada » qui avait généré 326 millions de dollars au box-office mondial est inspiré du roman de Lauren Weisberger. Lui même écrit à partir de l’expérience d’une ex-bras droitd’Anna Wintour, rédactrice en chef du prestigieux « Vogue » américain. Ce coup-ci Aline Brosh McKenna signe un scénario original.
DROUIN ALICIA





