Panam il s’en va ! Après une résidence évènement à la Salle Pleyel, Slimane refait son sac à dos rempli de souvenirs inoubliables de carrière. Un artiste qui a mené à la baguette 23 concerts, dont la seconde moitié en choeur avec unorchestre symphonique ayant sublimé ses plus belles chansons. Une performance magistrale aux notes d’émotion.Live report.

Renaissance d’un artiste aux 1001 émotions
Il ne pouvait pas rêver plus beau cadeau d’anniversaire pour ses 10 ans de carrière. Après avoir rejoué ses plus belles chansons en version piano/voix c’est autour d’un orchestre symphonique que Slimane a poursuivi les festivités. Un artiste qui pour cette grande occasion s’est offert la compagnie de violoncellistes, trompettistes et autres musiciens prodigieux. Une quinzaine d’instrumentistes menés par la baguette de Yaacov Salah. Brillant pianiste qui après avoir partagé l’affiche de sa première série de concerts, a cette fois composé entre son instrument et son costume de chef. Un artiste complet complètement habité, qui a ouvert le bal avec quelques uns de ses compositions. Dont sa frissonnante « Sonate No1 ». Des instrus sans parole qui en ont mis plein les oreilles du public bouche bée. Un silence de cathédrale qui a rapidement tourné à la standing ovation dés l’ouverture de rideau de Slimane sonnant les premières notes d’une « Tempête » émotionnelle. Une vague de larmes d’abord séchées par des lustres et poursuites aux colories solaires à l’image de sa renaissance récente. Un artiste aux 1001 vies entré dans la lumière grâce à son éblouissante reprise d’« A fleur de toi » de Vitaa. Devenu un incontournable de ses setlist réchauffé d’ arrangements harmonieux vibrants et d’une interprétation on ne peut plus profonde tant dans la prononciation que la gestuelle. Une puissance composant l’univers artistique de Slimane, autant que ses nombreuses chansons d’amour. Que ce soit « Le vide » laissé par une rupture douloureuse ou les « (Des) milliers de je t’aime » d’un papa chanteur au coeur brisé mais rafistolé continuant à croire en l’amour véritable ainsi qu’à la passion de la « Première fois ». « Les hommes c’est comme les roses, ça pique et ça se fane » cueille-t-il murement cette seconde chance au bras de son tromboniste puis du reste de la troupe passée derrière le micro durant les dernières minutes de l’open mic. Et c’est avec sa choriste qu’il a poursuivi avec « Dis-moi que tu m’aimes ». Avant d’être rejoint finalement par son « âme sœur » Vitaa sur le palpitant « Avant toi » que forcément la salle connaissait par coeur.

Arrangements et interprétations magistralement orchestrés
Un énième au revoir du couple musical plutôt qu’un « Adieu » déchirant pour ce « Survivant » qui a cherché « toute une vie un peu de paix dans la douleur ». Un symbole de résilience et porte-parole de la tolérance, appelant à l’union sur son fédérateur « Viens on s’aime ». Un des rares hits radiophoniques de sa discographie. « La maison de disque où j’étais m’a dit, on a un problème avec toi, tes chansons sont trop dark pour passer en radio » se remémore Slimane qui a tenté d’écrire des titres plus populaires. « C’était de la m*** j’ai tout jeté » ajoute-t-il, malgré tout fier de cette exception faisant écho au message de paix qu’il souhaite faire entendre au plus grand monde. « Si on ne doit retenir qu’une chanson de moi je veux que ce soit celle-ci » affirme le chanteur aux multi succès, dont « Je te le donne » re-déballé à coup d’arrangements orientaux. Un set aux airs de grande fête maghrébine orchestré autour d’instruments traditionnels et youyou scandés un peu partout dans la salle et même sur scène par quelques convives. Une ambiance chaleureuse faisant écho aux racines ainsi qu’à l’autre facette de Slimane. Un chanteur fidèle à l’expression, rattrapé par son naturel et la mélancolie au coeur de son univers. Une pile de chansons version symphoniques aux interprétations magistrales plus poignantes que jamais. Allant du fébrile « A quoi je sers » au bouleversant et intime « Comme un oiseau » dédié à ceux qui comme lui ont déjà songé au pire. Un homme qui a puisé dans sa foi et son envie profonde de vivre le plus longtemps possible (« Je veux être vieux ») pour continuer d’écrire le meilleur comme le pire de son histoire. Tout en célébrant son « (Mon) amour » éternel avec son fidèle public qui durant cette résidence lui a offert son meilleur souvenirs de scène.
L’info + : Avec 23 concerts réalisés en 1 mois et demi, Slimane devient l’artiste ayant réalisé la plus longue résidence à la Salle Pleyel.
DROUIN ALICIA





