Il slame des rimes croisées avec élégance. Un Grand Corps Malade porté par une voix puissante et un coeur sensible. Note commune à Slimane maniant lui l’art des interprétations magistrales parfois accordées aux notes de piano du prodigieux Yaacov Salah. Des artistes jouant chacun des partitions harmonieuses sonnant un été musical tout en poésie. Dossier.

Grand Corps Malade – « Voir la mer »
Deux ans qu’il avait posé son stylo. Mais fidèle à lui-même et ce malgré ses déjà 2 millions d’albums vendus, Grand Corps Malade garde des rêves musicaux plein la tête mais surtout « des rimes plein les jours qui valent peut-être le détour ». Une soif d’écrire mûrie par « l’expérience d’un daron » mais toujours « l’enthousiasme d’un gamin ». C’est en tout cas ce qu’affirme le célèbre slameur de sa voix rauque sur « J’en ai pas encore fini ». Titre explicit sonnant la fin de son silence tout en célébrant son envie de continuer à raconter et créer. « J’en ai pas encore fini avec ce putain d’optimisme… Dans chacun de mes albums, il veut être le premier single » rallume-t-il la lumière d’un slam pur et dur sans refrain composé autour de rimes croisées et jeux de mots poétiques, sur justement ce single en tête de setlist de son nouvel album. Disque promu aussi par « Le prochain rêve » partagé avec Styleto, Un hymne à tous ces désirs exhaussés, ceux abandonnés et les plus fous encore à imaginer. Une jeune chanteuse qui a elle bien fait de croire en les siens depuis le succès retentissant de son hit pop « Faut que tu m’aimes » qui l’a conduite entre autre au sein de la troupe des Enfoirés et sur les routes de France. Une ascension replongeant Grand Corps Malade 20 ans en arrière à « Saint-Denis». Mais c’est à Montréal que l’artiste a pris le temps de « Voir la mer » outre-Atlantique et d’autres paysages inspirant. Nouvel air qui lui a inspiré son neuvième opus entre évasion et voyage intérieur qui atterrira dans les charts le 18 septembre 2026. Soit 20 ans pile après les 16 titres de son premier album. Même nombre de chansons pour sonprojet anniversaire comptant entre autre 4 duos, orchestré autour d’une musique plus organique et d’instrus enregistrées dans des conditions live. Et c’est d’ailleurs sur scène que Grand Corps Malade interprètera ses nouvelles chansons dans la foulée. Une « Tournée 2027 » qui démarrera le 21 janvier 2027 au Zénith de Toulouse. Suivi d’une trentaine de représentations dont deux rendez-vous évènement à l’Adidas Arena de Paris les 12 et 13 mars 2027. Une scène que l’artiste aux 800 concerts foulera pour la première fois.

Slimane – « Selfish »
C’est depuis la Salle Pleyel que Slimane s’est vu remettre un disque d’or pour l’album « Il faut que tu saches » sorti en décembre dernier. Une récompense plus symbolique que jamais pour l’artiste qui malgré son retour en pleine lumière garde des séquelles de sa période précédente dans l’ombre. « Ils m’ont dit que j’étais fini, Me revoilà dans la cabine » assure-t-il d’ailleurs sur l’introspectif « Selfish » interprété en exclusivité durant sa résidence parisienne. Un hymne à la résilience invitant à se recentrer sur soi pour rayonner pleinement. « Je me suis perdu en chemin, Mais je me suis retrouvé » déchire-t-il définitivement ces douloureuses pages où il faisait la UNE pour des raisons obscures. Un chanteurcomptant continuer de faire parler de lui pour sa musique. Reprenant le micro avec un EP baptisé également « Selfish ». Cinq chansons composées et interprétées avec le coeur, à l’image du palpitant « Fallait pas ». La première « Higher » visant « plus haut » via un duo franco-anglais avec la talentueuse Vanina. « Quand j’suis tombé, j’ai vu la lumière, j’lui ai dit je t’aime » décolle Slimane sur un air atmosphérique, soutenu par les envolées puissantes de sa consœur. Et c’est seul qu’il lève les yeux vers « Mon soleil ». Là encore un titre rayonnant adressée à sa filleEsmeralda. « Avec toi rien n’est monotone, Rien n’est pareil, Depuis qu’t’es rentrée dans ma vie je crois que j’aime, hmm j’aime les jours de pluie » sèche-t-il toutes ses peines tout en douceur. Un artiste définitivement résilient conscient que la vie est « Ainsi faite » avec ses hauts, ses bas et ses parfois ses erreurs inspirant parfois les chansons les plus poignantes et sincères d’une carrière.

Yaacov Salah – « Piano – EP »
Un artiste qui n’a rien perdu de ses interprétations magistrales ni de sa puissance composant son univers poétique. Pouvant compter également sur la fidélité de son ami compositeur Yaacov Salah. Pianiste prodigieux l’accompagnant depuis plus de 10 ans, aux crédits entre autre de « Mon amour » ou « Le vide ». Entendu récemment lors de sa série de concerts piano/voix. Mais c’est seul derrière un clavier que l’on retrouve le musicien sur son tout premier « Piano – EP » orchestré autour de cinq partitions néoclassiques contemporaines. Des compositions originales allant d’une « Sonate No1 » toute en délicatesse et douceur au Postulde « Edges of time » là aussi aux notes apaisantes. Une parenthèse musicale captivante entre silences et accords plus ou moins lents, toujours justes et fluides. Des instrus sans parole en disant pourtant long sur sa sensibilité et toute l’étendue de son talent laissant à la fois bouche bée et libre court à ses propres émotions. Un artiste méritant d’avantage d’ovations, orchestrant pour l’heure les concerts symphoniques de Slimane. Mais c’est seul qu’il chauffera les spectateurs de la Salle Pleyel du 3 au 5 juillet prochain.
DROUIN ALICIA





