Elle aurait pu baisser les bras en ne voyant aucun coach de « The Voice Kids » se retourner sur sa prestation. Mais depuis sa première expérience Noée a travaillé cette passion qui l’anime et bouclé la boucle en entendant son propre titre repris sur ce même plateau des années plus tard. Une chanteuse qui continue son chemin avec un premier EP intime aussi sombre que lumineux. Entretien.

Noée - Mourir sur scène -

« Quand on est ado et que les coachs de The Voice Kids ne se retournent pas on se dit que c’est foutu. Mais au final la suite dans mon cas est une belle leçon d’espoir »

SYMA : C’est le grand moment pour toi qui sors ton premier EP, comment te sens-tu ?

Noée : Exactement ! Là on est en plein dans les réseaux sociaux, les liens, les tags, les réactions mais on est trop contents ! J’ai pas encore tout regardé mais tous les retours sont comme je l’espérais !

Reprenons ton parcours dés le début. Comment est née ta passion pour la musique et quels cursus as-tu suivi ?

J’ai 21 ans et je fais de la musique depuis toute petite. Ça a commencé par le piano parce que j’adorais reproduire des mélodies que j’entendais. Après ça j’ai pris des cours pendant environ 10 ans, ça m’a vachement aidé à composer des chansons.

Le public t’a découvert en 2017 dans « The Voice Kids » saison 4 où malheureusement aucun coach ne s’était retourné. Quel souvenir gardes-tu malgré tout de l’expérience ?

J’avais 14 ans à l’époque. C’était ma première vraie expérience et une des premières fois que je chantais devant mes parents. Avant ça j’étais très timide je me cachais un peu. Ça m’a mise en lumière et permis de réaliser que c’est ce que j’adorais faire. J’en garde un super souvenir ! Je ne regrette pas du tout, en regardant ça dans le rétro je trouve ça encore plus beau finalement ça veut dire que je ne me suis pas arrêtée à ça et forcément il me restait du chemin et des choses à apprendre.

Ça t’a donné envie de travailler encore plus pour progresser ?

J’étais encore au collège donc c’était un peu compliqué d’allier les deux mais j’allais souvent sur Paris pour faire des petits castings. Jusqu’au jour où je suis rentrée au conservatoire en musique actuelle. Et là j’ai pu raire mes premières expériences de jeu en groupe. Ensuite après le BAC j’ai fait une prépa en conservatoire et j’ai continué d’avancer.

Depuis tu as pris ta revanche en remportant entre autre plusieurs tremplins musicaux ! ça t’a permis de faire les premières parties de Jarry et de Vianney. C’est particulier de faire la première partie d’un one-man-show ?

Exactement j’ai fait Vianney au Zénith d’Orléans et Jarry au Zénith de Nantes donc chez moi. Ça avait une grosse symbolique de chanter là bas. J’avais un peu peur de faire cet exercice mais Jarry avait bien fait les choses, il y avait aussi un humoriste après moi.

Les choses se sont accélérées pour toi quand joli pied de nez une candidate de «The Voice Kids » a repris ton titre « Dernier lys » !

C’est assez fou, pour le coup j’ai pris une grosse grosse claque je l’avoue ! Huit ans plus tard. En plus c’est un titre que j’avais écrit à l’époque de mon passage sur ce même plateau. Donc assez dingue, je me dis finalement rien n’est fini. Quand on est ado et que les coachs ne se retournent pas on se dit que c’est foutu. Mais au final la suite dans mon cas est une belle leçon d’espoir. De base ma chanson tournait un peu sur les réseaux sociaux mais là ça a totalement fait exploser les streams et ça m’a permis de me faire repérer par des maisons de disque dont Parlophone. Ça a été un vrai coup de coeur humain immédiat.

Noée - Disque d'or -

« J’ai cette envie de chanter et être sur scène toute ma vie sans jamais m’arrêter. C’est mon rêve absolu et je ferai tout pour y arriver »

À l’inverse de cette ballade il y a le titre « C’est comme ça » plus léger, comment expliques-tu cette dualité au sein de ton univers musical ?

Le but c’était de montrer aux gens que je ne fais pas que des chansons larmoyantes. L’idée c’est de traiter de plein de sujets, après il faut que je le vive parce que je n’arriverai pas à écrire sur quelque chose que je ne maîtrise pas.
C’est ce que je fais dans l’EP il y a des titres assez solaires, d’autres plus sombres en terme de prod ou d’écriture. Le but c’est que ça parle au maximum de monde, que ma musique soit la plus universelle possible. C’est aussi une dualité que j’ai dans ma personnalité. Je le fais ressentir dans mes paroles, mes chansons, dans mon univers.

Cet été tu as également sorti une reprise de « Mourir sur scène » de Dalida, tout donner pour sa passion c’est un message qui te parle ?

C’est une chanson dont je me suis beaucoup inspirée entre autre pour écrire le titre «Disque d’or » de l’EP. C’est vraiment le fait de vouloir chanter et être sur scène toute ma vie sans jamais m’arrêter. C’est mon rêve absolu et je ferai tout pour y arriver. C’est une chanson que je trouve magnifique interprétée par une artiste que j’écoute depuis toute petite. Donc pour moi ça avait vachement de sens de la reprendre.

En parlant chanson française, je trouve d’ailleurs un petit air de ressemblance avec Vanessa Paradis dans ton timbre de voix !

Il paraît oui. J’avoue qu’il y a un petit quelque chose mais j’ai du mal à m’en rendre compte. Je dirais que c’est une voix avec un peu de grain et de souffle. Mais à côté de ça j’aime bien aussi la performance vocale. Entre autre sur scène je trouve ça vraiment important de performer et tester plusieurs nuances. C’est un mix de mes influences très variété française et chanteuses américaines plus dans la performance que j’adore aussi.

Il y a quelques semaines on interviewait Tioma avec qui tu interprètes le duo «Danser dans mes yeux », peux-tu nous parler de cet artiste ?

De base il est venu me voir à mon premier concert parisien, on se connaissait un peu via les réseaux sociaux on se suivait mutuellement. Ça a très bien matché humainement et il m’a proposer de participer à cette chanson. Son instru et sa partie écrite m’ont vraiment parlé donc j’ai rapidement crée ma propre partie pour le rejoindre.

Noée - Nuits blanches -
© Nouta Kiaïe

« J’ai souffert de harcèlement ça a été compliqué. Ça laisse des traces à jamais »

Récemment tu as participé à l’écriture et la composition du titre « Coeur » de Zoé qui représentera la France à l’Eurovision Junior 2023, comment t’es-tu retrouvée sur ce projet ?

C’est un tout nouveau projet pour moi de me mettre de l’autre côté de la production. J’en suis vraiment fière.

Est-ce que c’est un titre que tu aurais pu interpréter ?

À mon âge je ne pense pas mais au sien je pense que j’aurais adoré oui.

Est-ce que tu procèdes différent quand tu écrit/compose pour toi et pour les autres ?

En général je regarde les premiers titres mais aussi la manière de s’exprimer en interview pour essayer de connaître le mieux possible l’artiste pour mettre les bons mots au bon moment.

Peux-tu nous parler de ce titre qui parle du harcèlement scolaire ?

C’est un sujet qui me touche autant que Zoé. C’est un sujet hyper important et en même temps il ne fallait pas le rendre trop plombant et grave parce que ça reste l’Eurovision Junior. Il fallait que ça soit accessible mais aussi un message d’espoir. La mélodie est suffisamment entêtante pour devenir universelle.

As-tu déjà souffert de harcèlement entre autre sur les réseaux sociaux toi qui y es très active ?

Oui, quand j’ai fait « The Voice » ça a été très compliqué au quotidien. Il y avait beaucoup de jugement, d’appels manqués de gens qui se moquaient de moi parce que je faisais quelque chose de différent. Ça m’a suivi jusqu’au lycée. Côté réseaux sociaux j’ai la chance d’être épargnée. Ça m’atteint très peu mais dans la vraie vie ça a été compliqué, ça laisse des traces à jamais.

Noée - Nuits blanches -
© Nouta Kiaïe

« J’ai cette dualité. J’aime écrire des choses très dures et le dire de manière très calme »

Ton premier EP tout juste sorti s’intitule « Nuits blanches ». Pourquoi ce titre, que signifie-t-il ?

C’est un terme qui me parlait vachement, je suis souvent plus inspirée la nuit la plupart des chansons que j’ai écrite sont durant cette période. Et puis il y a ce petit clin d’oeil à ma dualité de mettre côte à côte ces deux mots opposés.

Musicalement tu dirais qu’il résume bien ton style ?

Je dirais qu’en terme de direction je ne me pose pas forcément la question dans quelle case me classer. C’est ce qui me permet d’aller sur des terrains hyper différents et de ne pas m’arrêter sur un style en particulier. Après je sais que j’ai été très influencée par la variété française, mais à côté de ça j’aime aussi beaucoup les prods un peu plus sombres, la violence de l’électro et la techno. Donc il y a vraiment cette dualité avec la douceur de la variété. J’aime écrire des choses très dures et le dire de manière très calme. Le but c’est d’être le plus authentique possible. En général mes chansons je les écrit très vite comme un journal intime.

Tu en parlais tout à l’heure, le premier titre s’appelle « Disque d’or », tu rêves d’une telle récompense ?

C’est un peu le titre phare. Ça a été pour moi une évidence de l’écrire, grâce à mon compositeur j’ai réussi à réarranger l’instru pour qu’elle soit plus catchy, plus positive.

Il y a aussi « Millionaires » en duo avec Vike, peux-tu nous parler de cet artiste ?

C’est un artiste que j’ai repéré dans « The Voice », gros coup de coeur pour son grain mais aussi sa personnalité. J’ai besoin de me sentir en confiance pour collaborer avec quelqu’un. Là encore le titre a été assez évident et est né assez naturellement.

Tu as déjà d’autres titres de prêts pour la suite ?

Oui même sans savoir si il y aura un album par la suite, beaucoup de titres sont prêts et attendent au chaud. Je les sortirai forcément à un moment donné. Ce que je veux aussi c’est monter sur scène, le peu de concerts que j’ai fait j’ai adoré. J’ai hâte d’avoir un jour mon propre public je pense que ça doit être une sensation assez dingue. Je commence à faire des petits showcase, ça se met en route progressivement.

Merci à Noée

Noée - Nuits blanches

EP « Nuits blanches » disponible

 

La première page du journal intime d’une artiste en plein accomplissement partageant avec intensité sa détermination et dualité.

 

 

 

DROUIN ALICIA