Treize ans qu’elle est solidement enracinée dans la pop internationale, mais Ariana Grande n’a toujours pas fini d’éclore. Une artiste quelque peu fanée enterrant ses mauvaises graines dans « Petal ». Un bouquet de textes épineux et mélodies fleur bleue déjà couronné de succès.

Ariana Grande - Petal -

Bouquet gagnant

Le visage et corps ensanglanté d’Ariana Grande. Un costume choc loin de son tout mignon serre-tête à oreilles de chat, laissant apparaître sa silhouette amaigrie. Si sa transformation physique fait grand bruit, la chanteuse fait aussi parler d’elle pour le succès retentissant de son nouvel album « Petal ». Un disque au doux parfum de réussite cultivé dans le mystère, qui dés sa sorti a été cueilli en masse par ses fans un peu partout dans le monde. À commencer par laFrance où sa communauté d’« Arianators » est très active. Pays où il est entré directement numéro un des ventes d’albums avec 19 764 équivalents ventes dés la première semaine. Plus haute marche qu’elle n’avait jusqu’à présent jamais gravi, son record précédent remontant à la médaille d’argent décernée à « Sweeterner » en 2018. Et plus récemment les 15 1000 achats d’« Eternal Sunshine », son dernier opus en date avant l’actuel. Un score permettant à la chanteuse de réaliser le meilleur démarrage de sa carrière dans l’Hexagone. Une réussite encore plus honorable en période estivale nettement plus silencieuse niveau nouveautés et achats de disques. Un lancement faisant mieux que le très attendu « Foreign Tongues » des Rolling Stones que s’étaient procurés 18 000 fans ou encore « Destinée » de la très populaire Aya Nakamura. Un succès commercial et digital entré n°1 sur Spotify après trois semaines de règne du rappeur PLK avec son titre « Grand garçon ». Ecouté déjà à 1,6 millions de reprises sur les différentes plateformes de streaming. Soit le 3ème meilleur démarrage sur le marché français parmi les artistes féminines internationalesderrière Madonna (25 000) et Olivia Rodrigo (20 000), 6ème en comptant leurs collègues masculins.

Même son de cloche aux Etats-Unis où « Petal » résonne au sommet des charts avec environ 300 000 exemplaires arrachés. Dont 164 347 soit un peu plus de la moitié en version physique comprenant pas moins de 96 000 vinyles, soit le cinquième meilleur score de 2026 pour ce format. Entre autre grâce à l’engouement autour de sa tournée et de cette nouvelle ère semée de surprises depuis la plantation de sa première graine jusqu’à son éclosion. Avec pour plus haute branche celle du Billboard 200 aux Etats-Unis, le 7ème numéro un de sa carrière après « Your Truly », « My Everything », « Sweetener », « Thank U, Next », « Positions » et « Eternal Sunshine ». Soit autant que Lady Gaga et Janet Jackson qu’elle rejoint au classement des artistes féminines solos comptant le plus d’albums en tête du classement. Derrière les 15 trophées de Taylor Swift, la légendaire Barbara Streisand, Madonna et Beyoncé. Une nouvelle affaire donc fleurissante pour Ariana Grande malgré tout fanée par cette cacophonie autour de son état de santé physique et mental relançant les rumeurs d’un présumé trouble du comportement alimentaire. Une chanteuse qui pour reprendre du poils de la bête compte tisser sa chrysalide loin des projecteurs dés la fermeture de rideau de sa tournée mondiale programmé ce 1er septembre après une série de 10 représentations au Royaume-Uni.

Ariana Grande - Petal - hate that i made you love me

Une rose et ses épines

Une fleur séchée mais toujours solidement enracinée profitant des beaux jours pour reprendre quelques couleurs, allant même jusqu’à sourire à pleine dents. Un portrait entre ombre et lumière laissant apparaître son visage camouflé derrière des mèches de cheveux rebelles. Une éclosion dans l’ombre de son champs de bataille intérieur contrastant avec la saison estivale. Une artiste débroussaillant les mauvaises herbes plus ou moins piquantes de sa vie tout en ratissant les secrets jusqu’alors bien enterré de sa célébrité. Une vie orchestrée autour de shows mais aussi de relations toxiques et histoires sans lendemain. Une nouvelle récolte de hits un peu moins entêtants que les précédents, au parfum d’émancipation. 12 chansons à la douce senteur pop-R&B et paroles épineuses mettant en lumière la part d’ombre de la pétillante blonde. Et autant de « Petal » ayant poussés sur un terrain hostile. « They say the artist needs tears to write again » comprenez « Ils disent que l’artiste a besoin de larmes pour encore composer »arrose-t-elle les coeurs sur le titre éponyme. Juste après avoir planté le décor avec le lead-single « Hate That I Made You Love Me ». Une artiste se retroussant les manches pour pousser sous terre ses détracteurs ainsi que les diktats autour de la classe féminine. Effeuillant un projet « plein de vie, qui grandit à travers les fissures de quelque chose de froid, de dur et de difficile ». Un modèle unique posant sa voix et ses confidences sans filtre, d’un phrasé à la fois doux et tranchant voire brut. Qui pour l’occasion a repris sa plume pour cultiver colère et douleurs en attendant sa mise sous serre pour revenir plus forte à la saison nouvelle.

DROUIN ALICIA