Il a déjà fait trembler les plus grandes salles de France. Mais c’est en petit comité que Calogero se produit « Un soir dans les théâtres ». Un spectacle tout en proximité orchestré autour d’arrangements vibrants et versions inédites et acoustiques de ses plus grands succès et de morceaux résonnants. Live report.

Calogero - théâtre de champagne - un soir dans les théâtres -
DROUIN ALICIA

En toute intimité

175. C’est le nombre de « Soir dans les théâtres » qu va passer Calogero sur scène. Côté cour comme côté jardin les fauteuils en velours étaient tous occupés ce mercredi 23 septembre au Théâtre de Champagne à Troyes. Un rideau qui s’est ouvert au son de son inédit du même nom que sa tournée, écrit pour l’occasion. « Je sens vos coeurs battre » sent-il la magie opérer dés ses premiers accords au piano. Un artiste prêt à chanter et « Danser encore » plus fort qu’il y a quinze ans où il s’était déjà prêté à un tel exercice de manière prodigieuse. Mais pas question pour l’artiste de jouer la même partition qu’à l’époque où s’était produit en solo. Et c’est avec deux musiciens que ce multi-instrumentiste lui-même réorchestre grands classiques et chansons plus confidentielles de son œuvre. Une sélection harmonieuse aux arrangements épurés en mettant plein les oreilles. Avec pour le plaisir des yeux une discrète note de déco et jeux de lumière. Dont quelques poursuites projetées au plafond ajoutant une touche à ses « (Les) feux d’artifice » lumineux. Un artiste continuant « de briller dans les yeux des gens », qu’il peut percevoir grâce à ce nouveau rendez-vous musical. Un tête à tête chaleureux jouant sur la proximité et simplicité. Un air de convivialité aussi composant justement son hymne à l’amitié « C’est dit ». « Ce soir vous êtes tous mes amis » adresse-t-il un regard de sympathie à ses fans, sa guitare sèche autour du cou. Sur les planches également un micro rétro lui permettant de faire entendre sa voix à l’état brut tout en la faisant résonner en écho. Un accessoire le ramenant en « 1987 » à l’époque de son adolescence et insouciance. Un passé « Fondamental » à la valeur inestimable. « Dans nos souvenirs on a tous, Toutes ces choses qui durent et qui tiennent, Un vieux poster de Saint-Etienne » re-déplie-t-il en « poster de l’Estac » pour son match du jour. Un chanteur en parfait accord qui entre deux interprétations magistrales a multiplié les échanges avec ses convives ou choristes par moment. N’hésitant pas à répondre à des « Je t’aime » clamé ou même un « T’es beau ».

Calogero - théâtre de champagne - un soir dans les théâtres -
DROUIN ALICIA

Notes et voix de velours

Pour la plupart des fans de la première heure connaissant par coeur non seulement ses titres les plus populaires mais aussi ceux moins connus mais tout autant vibrants. Que ce soit le délicat « J’attends » issu de son cinquième album « L’Embellie », ravivé d’une pleine lune flottant au-dessus de son clavier. Ou « Danser sur les braises » replongeant lui au coeur de son premier opus. En passant par « X » son dernier single en date, au titre faisant référence au symbole des zéros pointés inscrites sur les cahiers d’école. Un ex élève en difficulté devenu un maître de la musique composant des notes et partitions berçant les coeurs des petits et grands. Que ce soit le bouleversant « Le Portrait » racontant l’histoire d’un jeune garçon orphelin de mère, ou « Louise » du nom d’une travailleuse du sexe qu’il tente d’éloigner du trottoir. Ou encore le motivant « C’était mieux après » invitant chacun à faire un pas en avant loin de sa peur de l’inconnu. Même si c’était pas mal non plus avant. Notamment au début des années 2000 où il a multiplié les succès. Que ce soit « Face à la mer » demeurant de la partie, « Si seulement je pouvais lui manquer » dont on aurait justement regretté l’absence. Ou l’incontournable « En apesanteur » pour une redescente toute en douceur de cet ascenseur émotionnel. Deux heures de voyage dans le temps qui nous ont paru défiler en quelques secondes.

DROUIN ALICIA