Coup de sifflet final pour le mondial 2026 de football. Si l’Espagne a finalement ramené la coupe à la maison, le Groupe M6 a lui marqué des points d’audiences et même décroché de nouveaux trophées records. Une victoire pourtant pas si triomphante que ça sur le terrain.

Champion des audiences
60 millions, c’est le nombre de Français à avoir suivi la Coupe du monde 2026 depuis le 11 juin sur M6 et M6+. Soit plus de 9 français sur 10 et près de 100 % des 25-49 ans et 15-34 ans. Une bonne affaire pour le Groupe et pour l’ex chaîne du « 0 % foot » devenue l’unique diffuseur en clair de la compétition. Des droits obtenus contre la somme de 120 millions d’euros moyennant la programmation de 54 matchs. Un investissement colossal qui s’est soldé par des généreuses recettes supérieures aux 104 millions d’euros réalisés par France Télévisions lors des JO de Paris 2024. Entre autre grâce à des audiences triomphantes. Et ce dés le coup d’envoi musical de la compétition suivi par environ 2,6 millions de supporters. Un bon échauffement qui s’est prolongé tout au long de la phase de poule. Encore plus lors des rencontres des Bleus. Dont la première ayant fédérée 14 millions de téléspectateurs. Quasi même score pour l’affiche France-Norvège, tandis que le quart de finale France-Maroc en a fait vibrer 2 millions de plus. Des amateurs du ballon rond qui quelques jours plus tôt n’avaient pas hésité à veiller pour supporter Mbappé et ses co-équipiers qui se sont finalement imposés 1-0 face au Paraguay. Victoire partagée par M6 qui y inscrit elle son nouveau record d’audience pour un programme de deuxième partie de soirée diffusé après 23H. Des scores au-delà des attentes de la chaîne signant les 10 meilleures audiences de l’année. Avec en haut de tableau, la demi-finale France-Espagne qui a finalement renvoyé les Bleus au vestiaire au grand regret d’une majorité des 20,2 millions de téléspectateurs ayant assisté à la rencontre. Soit 73,1 % de part de marché et même jusqu’à 91 % sur les 15-34 ans. Tout simplement la meilleure audience télé depuis l’ouverture des JO de Paris 2024 sur France 2 (23,2 millions). Et la deuxièmehistorique de M6 à quelques pas de la finale de « Loft Story ». Du jamais vu depuis cette période a justement précisé Guillaume Charles, directeur des antennes et des contenus du groupe. Des chiffres décisifs qui ont permis à M6 de gagner 4,2 points d’audience en juin par rapport à mai. Tout en remportant le trophée de première chaîne nationale sur la période 11 juin-19 juillet. Une chaîne qui a réalisé sa « meilleure semaine historique » entre le 29 juin et 5 juillet 2026 avec 19 % de part d’audiences sur l’ensemble du public, 39 % auprès des jeunes 15-34 ans. Et même ses 3 meilleures semaines historiques auprès des 25-49 ans, jusqu’à 33 %. Des parts d’audience sur les cibles commerciales, exceptionnellement élevées.

Coup double
Autre victoire avec les émissions thématiques en particulier « Coupe du monde, le mag » qui a joué les prolongations en compagnie de 2,03 millions d’amateurs du ballon rond. Tandis que M6 a profité des pauses fraîcheurs et mi-temps pour faire la promo des émissions phares de la saison prochaine entre deux spots publicitaires. Une chaîne marquant un coup double grâce à son jeu sur le terrain du digital. Avec 11 millions d’utilisateurs actifs sur l’ensemble de la compétition connectés à M6+. Plateforme signant ses 13 meilleures audiences historiques, dont 2,1 millions d’internautes en ligne durant le match France-Espagne. Une application mobile classée comme la plus téléchargée sur les stores durant le mondial, totalisant 4 millions de nouveaux comptes. Jusqu’à 100 millions de vidéos vues sur son contenu exclusif dédié au football, notamment sur les vidéos côté touche de Michou. Et même au-delà des 1,4 milliards de vues sur les différents réseaux sociaux de M6 à la communauté agrandie de 900 000 abonnés.
Défaite en revanche pour la petite finale France-Angleterre diffusée après 23H suivie par à peine 8,5 millions de fidèles. Avec tout de même 66,5 % de part de marché. L’affiche finale ayant elle réunie 12,24 millions d’amateurs du ballon rond, 59,2% de part d’audience. Forcément loin des chiffres réalisés par les Bleus en 2022 sur TF1. Grande perdante de la compétition qui a elle réalisé son pire score mensuel historique à égalité avec août 2024 lors des JO. Et ce malgré quelques rares tentatives comme la saga « Zodiaque » entre deux rediffusions et divertissements estivaux. Un pari risqué mais tout de même payant pour M6 parvenu à remporter de très loin le match des audiences face au leader et toute autre concurrence. Tout en redessinant son image de marque et confirmant son statut d’acteur au coeur de l’évènement.

Victoire pas si décisive
Si l’engouement semble total, les calculs ne sont pas si bons que ça. L’ensemble des matchs ayant plus ou moins fédéré de public. À peine environ 3,8 millions pour les phases de poules (24%) contre 6,4 millions en 2022. Mais tout de même 20% de plus que prévu. En cause : des affiches pas toujours attrayantes sans oublier les diffusions tardives à 23H ou en pleine nuit à cause du décalage horaire. Chiffre qui grimpe tout juste à 5 millions en moyenne sur l’ensemble du mondial grâce à un engouement plus conséquent lors des phases à éliminations directes suivies par 47,6 % des téléspectateurs dont 58 % des FRDA-50. Malgré ce résultat, le président de M6 assure que les objectifs de chiffre d’affaires sont atteints et même plus important que ceux de France Télévisions avec les JO 2024. En grande partie grâce aux tarifs des écrans publicitaires plus ou moins élevés selon les équipes et le stade de la compétition. À titre d’exemple il fallait verser 346 000 euros brut pour un spot de 30 secondes diffusés au cours du match France-Paraguay. Environ 315 000 euros pour 20 secondes lors des matchs des Bleus. Une Equipe de France qui a fait transpirer les foules tout en renflouant les caisses de M6 de près de 99,4 millions d’euros bruts générés par l’investissement publicitaires. Et qui aurait pu rapporter 5 à 6 millions de plus en atteignant la finale. Si M6 a renfloué ses caisses grâce aux spots publicitaires diffusés durant la mi-temps et même grande première en pleine pauses fraîcheurs qui se sont imposées comme les plus rentables (20% des revenus publicitaires liés aux matchs), le Groupe demeure loin du compte. Une pas si bonne affaire pour le diffuseur aux revenus insuffisants pour rentabiliser l’ensemble des coûts de production et diffusion. Une habitude pour les chaînes en clair pour qui investir dans le sport se fait généralement à perte. En comptant l’achat des droits de diffusion, plus les frais de réalisation, de studios, d’organisation logistique et production et autres déplacements et taxes. Une addition financière qui devrait dépasser les 20 millions d’euros de pertes et pourrait atteindre plusieurs dizaine de millions. Des résultats financiers qui seront communiqués officiellement ce 28 juillet. Une chaîne qui pour composer son budget a préparé le terrain en déclenchant un plan d’économies de 80 millions d’euros à réaliser d’ici à 2030.
DROUIN ALICIA





