Elle est l’une des séries les plus visionnées au monde. Détruite il y a plus d’un demi-siècle, « La Petite Maison dans la prairie » prend ses nouveaux quartiers sur Netflix. Un remake bâti autour de la modeste vie de famille des Ingalls et du contexte historique de l’époque.

La petite maison dans la prairie - netflix

« La Petite Maison » aux fondations solides

13 milliards, c’est le nombre de minutes de « La Petite Maison dans la prairie » visionnées en 2024. Plus qu’une série culte un véritable phénomène mondial demeurant intemporel vu et revu par des générations entières. Un programme figurant parmi les plus regardés des Etats-Unis, diffusé pour la première fois en France en 1976 sur TF1. Puis rediffusé en boucle sur M6, Teva et plus récemment mis en ligne sur Amazon Prime. Mais c’est sur Netflix que les Ingalls s’invitent. Un remake dépoussiérant cette fiction historique, elle-même inspirée à l’époque des neuf romans de Laura Ingalls Wilder racontant la rude vie de sa famille de fermiers pionniers du XIXème siècle venue s’installer dans le Minnesota. Un synopsis restant le même plus de 50 ans après le générique de fin du 210ème épisode. Une adaptation signée Rebecca Sonnenshine, souhaitée à la fois fidèle au feuilleton original mais aussi dans l’air du temps. En commençant par les codes visuels composés autour des costumes d’époque ainsi que du même cadre champêtre. Une première saison de huit épisodes ré ouvrant la porte des Ingalls. Une demeure construite des mains du chef de famille Charles incarné par Luke Bracey. Un père modèle aimant et dévoué mais aussi très muscléretroussant les manches de sa chemise à rayures pour bâtir la maison familiale. Un chantier sur des terres vierges et sauvages de ce qui deviendra plus tard le Kansas. Une épopée difficile depuis leur traversée en calèche jusqu’à leur rencontre avec le voisinage de cette ville d’Indépendance, en passant par la coupe et pose des rondins de bois. Ou encore des épidémies, recueillements religieux et longues heures de cueillettes avec pour décompresser quelques chansons fredonnées gaiement autour d’un de leurs rares objets de valeur, un violon. Des séquences qui devraient replonger certains internautes au temps de leurs longues pauses déjeuner devant « La Petite Maison dans la prairie » et ce dés son générique aussi célèbre que la chute dans les herbes de la petite dernière Carrie, tout en rêvant de tresses aussi serrées que celles de l’héroïne Laura.

La Petite Maison dans la prairie - Netflix -

Réécrire l’histoire

Des personnages quasi tous de retour. Dont l’autre pilier du foyer, Caroline alias « Ma » (incarnée elle par Crosby Fitzgerald), en charge des tâches ménagères, du foyer, des récoltes mais aussi des enfants. Parfois secondée par son ainée Marie, grande sœur modèle et élève studieuse. Au casting également Monsieur Edwards, voisin aussi serviable qu’attachant. Contrairement à Ariet Oleson bien trop occupée à commérer avec sa Nelie, sa fille pourrie gâtée et snobe. Des rôles secondaires pour l’heure évincés, tout comme Nel Oleson, Carrie ou Albert le fils adoptif. À l’écran en revanche, le médecin afro-américain George Tann épargné pour le coup du racisme. Et grande première, desreprésentants des Osages, peuple amérindien présenté comme une population effrayante, violente et sauvage, combattant les colons tentant de d’implantant une forme de « civilisation ». Un contexte historique au coeur d’une politique impériale autoritaire et capitaliste post guerre de Sécession, adapté de faits réels avec l’aide de consultants spécialisés. Dont Talee Redcorn pour la linguistique et bonne prononciation et Julie Okeefe pour la production culturelle. Un sujet capital qui n’apparaissait pourtant pas dans la série originale des années 70 ni dans les livres de Laura Ingalls Wilder. Une œuvre demeurant dans la mémoire collective qui devrait continuer de s’écrire en 2027 avec une seconde saison 2.0.

DROUIN ALICIA

Saison 1 de « La Petite Maison dans la prairie » en ligne pour les abonnés Netflix.