18 ans que Zaho est au sommet de la scène pop-urbaine francophone. Une ascension se poursuivant au milieu d’une montagne « Versatile » de sonorités du monde. Un cinquième opus révélant plusieurs facettes de sa personnalité à la fois forte et sensible, rythmé également de collaborations variées. Chronique musicale.

Une dualité soufflant le chaud et le froid
Le public la voit comme une femme forte et artiste très sûre d’elle. Une image que brise Zaho pour se révéler d’avantage destructible avec ses failles et une grande sensibilité. « Parce que Zaho c’est que le haut de l’iceberg » avertit Zahera de son vrai nom. Une artiste poursuivant son ascension les pieds sur terre, posant de profil entre une montagne de sable à gravir face à un « Iceberg » enneigé, tandis que flotte son reflet dans un miroir aquatique d’émotions. Une dualité composant à la fois son parcours personnel et artistique. « Et je laisse ma vie m’emporter. Je laisse ma plume me porter » affirmait-elle sur son tube « Tourner La Page ». Une chanteuse écrivant cette nouvelle avec toujours cette même liberté de casser les codes tout en assumant pleinement sa différence. Une leçon d’« Amour propre » toute en pudeur invitant à se libérer du poids des faux-semblants et jugements extérieurs. Un hymne à la confiance en soi donnant le tempo de ce projet personnel faisant le pont entre ce qui était sa force avant de devenir sa faiblesse et inversement. Une quête de paix intérieure entre mélancolie et affirmation de soi. Une artiste mettant sous silence son « Mauvais Caractère » (feat Alonzo) pour faire résonner d’autres facettes plus nuancées de son identité. « Il me reste qu’un bout de toi, une couette qui t’appartient, J’dors avec quand il fait froid, quand mes hivers durent des mois » enlève-t-elle son masque autre autre sur le poignant « Déserteur » pleurant l’absence paternelle. Une chanteuse au grain de voix toujours aussi identifiable, laissant parler sa plume sincère autours de thèmes universels allant donc des relations familiales aux histoires affectives sur les palpitant « Mens-moi » ou « Parce que », en passant par l’estime de soi. Ou encore les coulisses de l’industrie musicale abordés dans un style direct avec le recul nécessaire de l’expérience. Un disque personnel d’amour « Gloire et Mensonges », mettant en lumière l’envers du décor entre doutes, sacrifices et illusions de l’industrie. « De l’or et du platine, beaucoup d’adrénaline, Des louanges, de la poussière d’ange et des phrases assassines, Bienvenue dans l’arène dans les couloirs de la peine » salue l’interprète de « C’est chelou » qui depuis ce premier succès en 2008 a réussi à rester au sommet sans se brûler les ailes.

Une symphonie « Versatile » mais harmonieuse
Une chanteuse poursuivant 18 ans après son envol avec un peu moins de légèreté. Une enfant du monde qui a grandi entre les langues et cultures et qui aujourd’hui se sent enfin chez elle un peu partout. Une artiste maniant aussi bien les mots que les sons, se la jouant « Versatile ». Un voyage sans frontières musicales rythmé de sonoritésR&B, pop urbaine, variété française, beats percutants et autres influences du monde. Un opus éclectique aux accords improbables mais pas moins harmonieux. Totalisant 7 collaborations pour 13 pistes, soit plus de la moitié, mais toujours pas de duo avec son cher et tendre Florent Mothe. Des rencontres avec des jeunes talents comme le rappeur franco-camerounais Yamê posant son flow sur « Stockholm », ou l’orchestre de « Youyou » de Danyl. Autre hit solaire « Ma chérie » en featuring avec Amadou & Mariam enregistré avant la disparition du chanteur. Tandis que Yuri Buenaventura réchauffe lui aussi l’atmosphère sur des rythmes salsa façon Bad Bunny. Plus populaire, La Fouineretrouve sa grande copine 13 ans après leur tube « Ma meilleure » pour faire valser tout en mélancolie le « Problème »relationnel d’un couple brisé. Autre tête d’affiche de l’album et pas des moindres, MC Solaar crédité sur le hit « Comme Caroline » déjà écouté à plus d’1,4 millions de reprises sur les plateformes de streaming. « Moi j’voulais t’aimer pour toute la vie, Seulement t’aimer, on s’est promis, T’étais l’as de trèfle qui piquait mon coeur » répond Zaho au célèbre tube du rappeur, avec la participation évènement de cet artiste discret. Un grand classique revisitée 35 ans après mais pas dénaturée, rejouant autours du fameux refrain. « Alors je suis parti comme Caroline, je connais la chanson comme Caroline, Je ne veux plus t’entendre dire : ti amo, Comme Caro, je me tire sans dire un mot » scande la chanteuse qui n’avait que 11 ans au moment de la sortie de ce tube. Des paroles faisant le pont entre la petite fille originaire d’Algérie qu’elle était devenue une femme solidement enracinée qui a bien fait de se battre pour réaliser ses rêves.
L’info + : Après une première partie de tournée, Zaho sera également cet été à l’affiche de festivals. Elle remontera également sur scène pour un concert évènement au Zénith de Paris le 14 novembre 2026.
DROUIN ALICIA





