Christophe Maé remonte le chapiteau. Trois ans après le voyage solaire de « C’est drôle la vie », le chanteur atterrit au milieu d’une « Fête foraine ». Un tour de grande roue de souvenirs et émotions avec vue panoramique sur les montagnes russes de l’existence. Chronique musicale.

Christophe Mae - 50 ans déja

Des loopings plein la tête

Les fausses joies des attrape-peluches, la barbapapa qui colle aux doigts, le coucou des enfants et cris des plus grands à bord de manèges à sensation. On a tous en nous des souvenirs de « Fête foraine ». Une indémodable sortie en famille ou entre amis plantant le décor du nouvel album de Christophe Maé. Un artiste installé à bord du train de la vie depuis « 50 ans déjà » avec ses hauts ses bas, frissons et chocs plus ou moins brutales. « J’ai encore envie de vivre, elle est trop belle, crois-moi » souffle-t-il ses bougies sur cet hymne au temps qui passe en se servant une part d’insouciance. Un jeune senior à la nostalgie heureuse avançant sur les rails dans une fumée de souvenirs vécus et autres rendez-vous manqués. « Il paraît qu’elle tourne la roue » démarre-t-il des loopings plein la tête, conscient de la vitesse à laquelle on peut dévaler la pente. Une chute libre pleine de secousses et sourires forcés nuançant l’image de ce faiseur de tubes solaires. Un artisan des mots et sons s’appliquant à « faire rêver les gens, d’un tour de manivelle ». Rouvrant « La boutique des rêves » après avoir réalisé l’un des siens, collaborer avec Francis Cabrel. Une collaboration aussi symbolique que magique résumant le travail de ces deux artistes mettant un peu de strass et couleur dans la vie. Un duo touchant accordant guitare et harmonica enregistré dans la chaleur du Sud-Ouest de l’interprète de « Petite Marie ». Et c’est entre sa cuisine et son propre salon que Christophe Maé a lui écrit ses 10 nouvelles chansons intimes mais pas moins fédératrices. 33 minutes de sa voix éraillée et de son célèbre accent chantant dépaysant. Uneinvitation au voyage rythmée par une parade de sonorités du monde. Allant d’accords d’un guitariste venu du Togo, à la voix d’une chanteuse de flamenco traditionnel palpitant sur « Adieu mon amour ».

Christophe Mae - la boutique des rêves

Un ascenseur émotionnel

Un passager « Seul » à bord d’un wagon d’incertitudes et solitude, bien décidé à continuer à « avancer coûte que coûte » avec l’amour comme moteur. Plus particulièrement celui du public qui lui procure une sensation unique à chaque passage sur scène. « C’est l’seul endroit où j’ai plus peur, auprès de toi, sous les projecteurs » adresse-t-il à ses fans conviés à sa tournée anniversaire aux nombreux concerts affichant déjà « complet ». Côté coulisses c’est auprès de sa femme que la magie continue d’opérer. Celle qui le porte et le hisse « sans que personne ne l’applaudisse ». « Une star » gardant les pieds sur terre tout en continuant de viser «La lune ». Repartant pour un tour de carrousel avec la joie et l’insouciance d’un enfant venant d’attraper le pompon, sous le regard plein d’étoiles de sa mère. Un retour en fanfare orchestré par « Un couple d’acrobates sous un vieux chapiteau » au bras d’« Une danseuse flamenco un peu triste » valsant « Dans ma tête ». Des images entre émerveillement et spleen à en donner le tournis. Mais comme toutes les bonnes choses et à son grand regret, l’album de Christophe Maé a une fin. « Moi, j’aime pas, La fin des saisons, La fin des chansons, La fin des week-ends » lâche-t-il ses ballons vers la lumière brillant derrière les nuages

L’info + : Retour retentissant pour Christophe Maé qui a déjà vendu plus de 17 000 exemplaires de son septième opus. Un artiste qui connaît également un succès viral surprise avec son tube « J’ai laissé » sorti il y a 16 ans. La raison, son fameux « j’avouuuue » multi-repris avec humour par les internautes. Des vidéos qui ont fait remonter les écoutes en streaming de son titre ainsi que son classement dans le Top Singles.

DROUIN ALICIA