Le Cercle de Whitechapel
Miss Lawson entourée de Bram Stocker et Arthur Conan Doyle

Londres 1888 –  Jack l’éventreur vient de frapper : en moins d’une semaine, deux corps de femmes ont été découverts dans les bas fonds de Whitechapel ! Pour tenter de retrouver ce meurtrier sans visage, Sir Herbert Greville a convié trois des plus grands esprits de son temps : Arthur Conan Doyle, Bram Stocker et George Bernard Shaw. Accompagnés d’une certaine Mary Lawson, ces gentlemen vont constituer un cercle secret et mener à bien l’une des enquêtes les plus complexes de l’ère victorienne…

Mise en scène par Jean-Laurent Silvi, cette fiction policière est un petit bijou théâtral : allègre et superbement ficelée, elle offre à la fois une belle énigme à résoudre et une palette d’acteurs impressionnants. 

Les fans de Sherlock Holmes seront ravis d’avoir devant eux son illustre créateur: Arthur Conan Doyle en personne ! Interprété avec décontraction par Ludovic Laroche, le romancier écossais passe son temps à cogiter sous son bowler et nous entraîne avec beaucoup d’aisance dans ses divagations policières.

Le Cercle de Whitechapel
Une enquête pas si élémentaire pour Conan Doyle et ses acolytes

À ses côtés Jérôme Paquatte prête son exubérance au romancier Bram Stocker qui n’a pas encore engendré le personnage de Dracula et se profile pour l’instant comme le directeur d’un prestigieux théâtre londonien. À la fois burlesque et généreux, ce comédien apporte beaucoup d’humour à la pièce et détend merveilleusement l’atmosphère.

Le Cercle de Whitechapel
Un quatuor qui va vous menez pas à pas sur les traces de Jack l’Eventreur

Troisième larron de cette fine équipe, George Bernard Shaw octroie à l’enquête sa précision de chroniqueur mais aussi sa mauvaise foi d’irlandais. Incarné par Nicolas Saint-Georges, ce protagoniste nous irrite par son aigreur autant qu’il nous amuse par son bel esprit.

Face à ce trio de têtes bien pensantes, la chirurgienne Miss Lawson (Stéphanie Bassibey, très convaincante et pleine d’entrain) fait honneur au beau sexe: alternativement Dame de Coeur ou de Pique, cette new-yorkaise émancipée parvient à séduire ses confrères britanniques en maniant aussi bien le charme, l’épée ou le scalpel. 

Réunis par un certain Sir Herbert Greville (interprété avec beaucoup de flegme et d’élégance par Pierre-Arnaud Juin), ce quatuor hétéroclite va tout mettre en oeuvre pour faire concurrence à Scotland Yard. Submergeant les spectateurs de théories et de suppositions, ils vont durant près de deux heures élaborer toutes sortes de plans afin de nous faire découvrir le vrai visage de Jack l’éventreur.

Le Cercle de Whitechapel
La fine équipe du Cercle de Whitechapel – Miss Lawson, Sir Greville, Conan Doyle, Bram Stocker et George Bernard Shaw

De part son rythme, son humour cocasse et sa fibre très British, Le Cercle de Whitechapel est sans aucun doute l’une des meilleures pièces de cette nouvelle année ! Bravo à Julien Lefebvre pour son scénario fantasque et mystérieux. Bravo aux acteurs pour leur panache, leur mémoire et leur bonne humeur. Et bravo à Jean-Laurent Silvi pour cette mise en scène qui nous tient en haleine jusqu’à la dernière minute…

En un mot : FA-BU-LEUX ! 

Le Cercle de Whitechapel
De Julien Lefebvre 
Mise en scène : Jean-Laurent Silvi
Avec la compagnie du Renard Argenté :  Stéphanie Bassibey, Pierre-Arnaud Juin, Ludovic Laroche, Jérôme Paquatte et Nicolas Saint-Georges 
Décor : Margaux van den plas et CorentinRichard
Lumières : Eric Milleville
Musiques : Hervé Devolder 
Et de très beaux costumes « British » signés Axel Boursier !
Lucernaire
53, rue Notre-Dame-des-Champs
75005 Paris
Réservations : 0145445734
www.lucernaire.fr

 

Jusqu’au 15 avril 2018
Du mardi au samedi à 21h 
Le dimanche à 18h
La pièce dure 1h45 et elle est pour tout public 
Photos : ©  « L’instant d’un regard »

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Florence Yérémian est journaliste culturelle. Rédactrice auprès de Muséart, Paris Capitale, L’Oeil ou le BSC News, elle couvre l’actualité parisienne depuis plus de vingt ans. Historienne d’Art de formation (Paris Sorbonne & Harvard University), correspondante en Suisse et à Moscou, elle a progressivement étendu ses chroniques au septième art, à la musique et au monde du théâtre. Passionnée par la scène et la vie artistique, elle possède à son actif plus de 5000 articles et interviews.