Pour ceux qui n’ont pas eu la chance de découvrir Kiki au Théâtre de la Huchette, la belle muse revient le 17 juin Place Saint Sulpice !

Kiki de Montparnasse a vu le jour en Bourgogne dans les années 1900. Provinciale jusqu’au bout des ongles, elle est née du côté des pouilleux et a longtemps mené une existence digne d’une héroïne de Zola. A peine âgée de douze ans, cette jolie môme a la chance de monter à Paris où elle va, peu à peu, tenter de se faire une place. Modèle à ses heures, apprentie boulangère pour casser la croute, elle passe alternativement de l’atelier de Soutine aux tables très masculines du café de la Rotonde: dans ce temple mythique des jeunes peintres de la capitale, la belle est, en effet, l’une des rares femmes à avoir ses entrées. Ne parlons pas de ses admirateurs et de sa cour régulière qu’elle inspire profusément: entre Kisling, Utrillo, Van Dongen ou Foujita, tous vont vouloir lui tirer le portrait et parfois un peu le reste… Parmi ce gratin d’artistes en devenir, le favori de Kiki demeure le polonais Maurice Mendjizky, quant à son amant attitré ce n’est autre que Man Ray qui a si bien immortalisé ses courbes voluptueuses dans son sublime cliché, Le Violon d’Ingres

Cette photo résume un peu l’icône que fut cette « femme-instrument »: à la fois frivole, décomplexée et excentrique, Kiki animait tous les soirs la galerie en faisant la mouche ou en poussant la chansonnette. Véritable touche-à-tout émancipé, elle a successivement été peintre ou muse et s’est très souvent retrouvée sous les projecteurs de Fernand Leger, Prévert ou René Clair. Prise dans les filets de l’entre-deux-guerres, cette trépidante rebelle a fini par ouvrir son propre cabaret mais elle s’est malheureusement laissée happer par l’alcool et la drogue.  

C’est à Milena Marinelli que revient le rôle de cette femme aussi passionnelle qu’exubérante. De sa voix ample et ronde, elle nous raconte le parcours d’une comète aux lèvres rouges qui fut longtemps l’égérie de l’Ecole de Paris. Aussi sensuelle qu’authentique, Milena Marinelli possède un timbre chaud dont les ondulations lui permettent de chanter avec ses tripes autant qu’avec son coeur. Fredonnant les premiers émois de Kiki, mais également ses joies ou ses désillusions, cette jeune artiste est une véritable boute-en-train qui parvient à plonger son public dans la douce folie du Paris des Années Folles. Si vous aimez les Musicals ponctués de chansons vives et gouailleuses, ne ratez pas Kiki ce samedi 17 juin sur la Place Saint Sulpice. Après cette représentation unique et gratuite, la belle partira au Festival d’Avignon…

Kiki? Une fantaisie musicale dans le Paris des années folles 

Kiki de Montparnasse
Une fantaisie musicale de Hervé Devolder
Avec Milena Marinelli et Ariane Cadier au piano

Place Saint Sulpice – Paris 6e
Représentation unique et gratuite:  Samedi 17 juin 2017 à 21h
Placement libre

Dans le cadre du Festival d’Avignon
Du 7 au 30 juillet 2017 – Tous les soirs à 20h25
Théâtre Essaïon Avignon
2bis Place des Carmes – 84000 Avignon
Réservations : 0490256348 – 0142784642

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Florence Yérémian est journaliste culturelle. Rédactrice auprès de Muséart, Paris Capitale, L’Oeil ou le BSC News, elle couvre l’actualité parisienne depuis plus de vingt ans. Historienne d’Art de formation (Paris Sorbonne & Harvard University), correspondante en Suisse et à Moscou, elle a progressivement étendu ses chroniques au septième art, à la musique et au monde du théâtre. Passionnée par la scène et la vie artistique, elle possède à son actif plus de 5000 articles et interviews.