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Un dialogue expressionniste entre Soutine et De Kooning

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Un dialogue expressionniste entre Soutine et De Kooning

Le musée de l’Orangerie propose un face-à-face intéressant entre le peintre russe Soutine et l’expressionniste américain De Kooning. Un dialogue qui nous permet de redécouvrir ces deux artistes et d’analyser l’impact de la transmission.

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Le Groom de Chaïm Soutine – 1925 – Huile sur toile – Centre Pompidou

Chaïm Soutine : un artiste qui prend aux tripes

L’exposition s’ouvre sur une série de portraits rougeoyants signés Soutine. Face à cette galerie de « gueules cassées » et de corps distordus, on reste sans voix car l’on capte de suite la force picturale de cet artiste maudit. Tout prend aux tripes : que ce soit l’indécence de ses couleurs, sa ligne torturée ou l’étrangeté de sa touche sanguinolente.

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Le parcours se poursuit à travers des paysages tout aussi noueux où les empâtements et la gestuelle expressionniste de Soutine nous happent. Qu’il s’agisse de simples collines, d’un vieillard ou d’un banal groom d’hôtel, on est estomaqué par sa façon de construire son sujet et de le jeter à la surface de sa toile afin de le creuser pour en disséquer les chairs.

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Le Boeuf écorché de Chaïm Soutine – 1925 – Huile sur toile – Musée de Grenoble

Que dire d’ailleurs de ses immenses carcasses de bœuf qui font écho à la bête écorchée de Rembrandt ? Ces pièces sont d’une violence visuelle si époustouflante qu’elles nous rongent, nous agacent, nous révulsent même, et pourtant l’on est séduit par de telles compositions car Soutine parvient à les rendre belles !

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Femme entrant dans l’eau de Chaïm Soutine – 1931 – Huile sur toile – Museum of Avant-Garde Mastery of Europe

En effet, en projetant ainsi le vivant, en l’incarnant de toute son âme, il en fait ressortir une beauté violente qui reflète sa maîtrise picturale autant que ses tumultes intérieurs.

Willem De Kooning : dans les pas du maître

À côté de ce génie bilieux, les œuvres de De Kooning semblent soudain trop douces, trop sensuelles. Par l’intermédiaire de ses « woman » et de ses femmes paysages, il tente et ose une exploration “à la façon de” Soutine mais son trait a bien moins d’ardeur et ses tonalités demeurent sages, voire dévotes. En contemplant les toiles de De Kooning parallèlement à celles de son maître, on voudrait que l’artiste américain soit à son tour plus franc, pour ne pas dire « agressif », dans son approche chromatique et émotionnelle.

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Woman II de Willem de Kooning – 1955 – Huile sur toile – MOMA

C’est dans les années 30 que De Kooning à découvert les tableaux de son prédécesseur et précisément durant la rétrospective de 1950 que le MOMA a consacré à Soutine. Certes, De Kooning a réussi à absorber la tension expressionniste de son ainé, il en a conçu un langage propre où la figuration et l’abstraction se mêlent subtilement mais ses œuvres sont à des années-lumière de la puissance soutinienne.

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La visite de Willem de Kooning – 1967 – Huile sur toile – Tate – Londres

L’influence du peintre russe se ressent car la peinture de De Kooning est vibrante et sa facture libérée, cependant sans le « côté obscur » de Soutine, sans sa beauté tragique, ses tableaux n’explosent pas, ils ne vivent pas.
Les sujets de De Kooning s’égarent dans des distorsions linéaires et une recherche stylistique si poussée qu’elle en perd son authenticité. Il n’y a pas de transfiguration dans son art: son univers est beau mais il est autre, plus théorique, plus mental et donc, peut-être, moins fort car moins incarné.

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“Dont le nom était écrit dans l’eau” de Willem de Kooning – 1975 – Huile sur toile – Guggenheim Museum – NY

Est-ce une bonne idée de mettre en parallèle ces deux artistes qui ne se sont jamais croisés ? Les avis comme les perceptions peuvent diverger. Certes, toute rencontre picturale est intéressante mais le dialogue est ici inégal car les compositions de De Kooning finissent par ressembler à de pales copies des oeuvres soutiniennes. Peut-être aurait-il mieux valu éviter cette confrontation afin de pouvoir apprécier chaque peintre à sa juste valeur ? Ou pas…

Florence Gopikian-Yérémian – florence.yeremian@symanews.fr

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soutine-russe-art-expo-gopikian-orangeriewillem-de-kooning-expo-orangerie-musee-symanews-yeremianChaïm Soutine / Willem de Kooning : la peinture incarnée

Jusqu’au 10 janvier 2022

Musée de l’Orangerie
Jardin des Tuileries

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soutine - Madeleine-castaing-orangerie-syma-news-yeremian-gopikian

 

Safet Zec : un peintre d’une force rare à découvrir à la Galerie Schwab

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Malgré l’ankylose qui paralyse le monde de la culture, il faut savoir que les galeries d’art demeurent ouvertes. Parmi ces rares rescapés du confinement, la Galerie Schwab démarre l’année 2021 en présentant les œuvres néo-expressionnistes de Safet Zec. Si vous passez près de Beaubourg, ne ratez surtout pas cet accrochage d’une force rare.

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Thierry Schwab nous a accueillis au sein de sa galerie pour nous parler avec ferveur du peintre Safet Zec

Florence Gopikian Yérémian : Quelle est la spécialité de votre galerie parisienne ?

Thierry Schwab : J’ai créé cette galerie d’art en 2011 avec mon fils Edouard. Nous sommes spécialisés en art contemporain, essentiellement en peinture figurative mais nous présentons également des œuvres sculptées comme celles de Marc Petit.

Qui sont vos artistes phares ?

L’un des principaux est le peintre Jean Rustin qui est décédé, hélas, en 2013. Nous exposons essentiellement des artistes à dominante néo-expressionniste tels que le yougoslave Vladimir Vélickovic, le suédois Lindström, le moscovite Lanskoy, l’espagnol Juan Porrero ainsi que le français Sereirrof. Ce dernier a récemment présenté au sein de notre galerie un magnifique cycle pictural de douze panneaux autour de son interprétation de la Divine Comédie de Dante.

Safet-zec-peintre-mains-priant-priere-yeremian-symaCe mois-ci votre salle principale est consacrée à l’artiste Safet Zec. Qui est-il ?

Safet Zec est l’un des plus grands peintres européens. D’origine serbo-croate, il a aujourd’hui 77 ans et ses œuvres sont exposées aussi bien dans les musées d’Allemagne que d’Italie. Jusqu’à l’âge de quarante ans, Safet était considéré comme l’un des maîtres de la peinture yougoslave. En 1992, durant la guerre, il a dû fuir Sarajevo. Il a alors perdu une partie de son œuvre et s’est réfugié à Venise en Italie où il a vécu durant plus de vingt ans. Aujourd’hui, il est reparti vivre en Bosnie-Herzégovine où il poursuit sans relâche sa recherche picturale.

Son talent est immense, a-t-il déjà exposé en France en dehors de votre galerie ?

Au sein de l’Hexagone, Safet Zec n’a jamais eu le niveau de notoriété qu’il mérite. Les Français l’ont néanmoins découvert lors d’une très belle exposition organisée par le Musée Comtesse de Lille, il y a quelques années. On a aussi énormément parlé de lui en 2014 car il a été choisi pour réaliser le retable de l’Église de Jésus à Rome. Sa superbe Déposition de croix a même été inaugurée par le pape François qui venait tout juste d’être désigné !

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Safet Zec – Déposition de Croix (Capella della Passione – Chiusa del Gesù – Rome)

Comment qualifieriez-vous sa peinture ?

A mes yeux, Safet Zec est un peintre exceptionnel qui demeure l’un des plus grands artistes réalistes de notre époque. Ses œuvres sont très variées car il se passionne autant pour le corps humain que pour les natures mortes ou les paysages. Au fil des années son style a bien sûr évolué. Durant une grande partie de sa jeunesse il a, par exemple, eu une « période verte » et a consacré son travail à la représentation des arbres. Ensuite, il s’est passionné pour Rembrandt et a pratiqué la gravure. Beaucoup voient Safet Zec comme l’un des chefs de file du réalisme poétique car son art possède une force lyrique tout en s’inscrivant dans la tradition classique avec une vraie maîtrise du dessin, des matières ou de la lumière.

La sélection d’œuvres de SYMA News 

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Il y a quelque chose de magnifiquement tragique dans la peinture de Safet Zec. Qu’il s’agisse de ses barques abandonnées, de ses grands lits vides ou de ses cages à oiseaux silencieuses, cet artiste confère aux éléments du quotidien une latence et une mélancolie mutique qui nous aspirent l’âme.

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Il en va ainsi de la thématique du pain qu’il transforme en oeuvre sacrée. Grâce à des jeux de matières, d’ombres et de lumières divinement douces, il rend leur croûte craquante, donne à leur mie une savoureuse plénitude et fait de ces pains des mets christiques.

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Cette atmosphère quasi pieuse se retrouve également dans les études de drapés de Safet Zec : entre l’ébauche d’un perizonium, l’étude d’un simple peignoir et la représentation d’un lit parsemé d’édredons, on découvre l’attrait de Safet Zec pour les déclinaisons presque ton sur ton de blanc virginal.

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Véritable explorateur du corps humain, il fait surgir de ses modèles une douleur humble et sait les magnifier tout en les tourmentant. Excluant systématiquement leurs visages, il met en images leurs dos noueux ou leurs jambes émaciées et concentre très souvent son art sur le rendu des mains: qu’elles soient tendues, inertes ou suppliantes, Safet Zec parvient à leur donner une force picturale impressionnante.

Florence Gopikian Yérémian

Safet Zec et le néo-expressionnisme

Galerie Schwab Beaubourg
35 rue Quincampoix – Paris IVe

T. 0142711216

Jusqu’au 23 janvier 2021

Canción Sin Nombre : une partition péruvienne sur le trafic d’enfants

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Le film de Melina León débute sur une note de joie : une danse traditionnelle où sont réunis Georgina, sa famille et les gens de leur petit village péruvien. Georgina est enceinte et malgré son immense pauvreté, elle attend cette naissance avec impatience. Un jour, alors qu’elle est en train de vendre des pommes de terre à la sauvette, elle entend parler d’une fondation médicale qui propose aux futures mères des accouchements sans frais au cœur de la capitale. Candide et enthousiaste, la jeune femme se rend à Lima et met au monde une petite fille. Tandis qu’elle se repose, la structure médicale se désintègre et son enfant disparaît. Désespérée, Georgina court au commissariat, tente de plaider sa cause auprès des tribunaux mais personne ne l’écoute. Le hasard lui fait alors croiser la route de Pedro, un jeune journaliste qui accepte de l’aider à chercher son bébé et se retrouve soudain embarqué au sein d’un terrible trafic d’enfants…

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Face au désespor de Giorgina (Pamela Mendoza), le journaliste Pedro (Tommy Párraga) va tenter de retrouver l’enfant qui lui a été volé.

Melina Leon: une réalisatrice péruvienne aussi intrépide que talentueuse

Canción Sin Nombre est l’œuvre d’une femme réalisatrice, ce qui est extrêmement rare au Pérou. Melina León est donc doublement méritante car elle franchit un pas dans la sphère misogyne du cinéma péruvien tout en s’attaquant ouvertement aux dérives étatiques de son pays. Son film est en effet une dénonciation de la corruption péruvienne qui gangrène toutes les instances du pouvoir sur le dos d’un immonde trafic d’enfants.

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Melina León est l’une des rares femmes réalisatrices du Pérou. Son approche cinématographique est aussi audacieuse que poétique.

La crise péruvienne : ségrégation sociale et disparités

A travers le personnage de Georgina (interprété avec une émotion incroyable par la comédienne Pamela Mendoza), Melina León pose d’abord un regard amer sur la crise que traverse le Pérou dans les années 80. Le pays est à la dérive, les petites gens n’ont presque plus rien à manger, le couvre-feu est instauré et l’élite en profite à cœur joie face à la candeur et l’analphabétisme de ses paysans quechuas.

Dans ce contexte d’injustice sociale, la figure de Georgina ramène au devant de la scène la position de la femme qui se retrouve non seulement réduite au simple rang de génitrice mais aussi privée de son enfant au profit d’organisations criminelles.

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A travers la figure de Georgina, la réalisatrice porte un regard lucide sur les séquelles de la crise péruvienne et la position sensible des femmes quechuas

Une dénonciation à froid du trafic d’enfants

Le sujet de Canción Sin Nombre – celui des enfants volés – est très poignant mais Melina León a l’intelligence de ne s’enliser dans aucun pathétisme. Par-delà la douleur évidente de sa pauvre protagoniste, elle invite les spectateurs à une investigation journalistique qui efface rapidement les larmes et empêche le film de sombrer dans un drame sans fin.

Le constat est fait à froid : il n’y a pas de pleurs, pas de cris et aucune image choc. Lorsque l’enfant de Georgina est enlevé, une immense sensation de vide et de néant s’instaure au sein du récit mais cette douleur demeure mutique. Sans aucun mot, l’on perçoit alors insidieusement la violence psychique et dévastatrice d’un tel acte. On ressent aussi le sentiment d’injustice de cette jeune mère et de toutes les femmes de sa condition prises dans les griffes d’un système politique totalement perverti et bien trop puissant pour elles.

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La comédienne Pamela Mendoza livre une interprétation magnifique de Georgina. A travers sa gestuelle et son visage si expressif, elle traduit la douleur mutique de cette mère séparée à jamais de son enfant.

Une esthétique cinématographique très particulière

L’un des aspects inattendus de ce long-métrage est qu’il a entièrement été tourné en noir et blanc dans un format 4:3 qui nous donne l’impression de visionner de vieux souvenirs de famille.

Cette approche esthétique offre des passages très sombres alternant avec tout un panel d’images surexposées. Au fil du récit, on traverse ainsi des paysages teintés d’immenses ciels lumineux qui se transforment graduellement en de profonds brouillards et finissent par envelopper de mystère tout le village. Il en découle un sentiment un peu mystique qui rappelle de toute évidence les légendes ancestrales du folklore péruvien et plonge l’histoire dans un univers à mi-chemin entre le rêve et la réalité.

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L’approche cinématographique de Melina León est unique : tourné en noir et blanc au format 4:3, son film invite le spectateur à un voyage à mi-chemin entre le folklore péruvien et l’esthétique expressionniste.

Bien que lent et chaotique, Canción Sin Nombre est une oeuvre à découvrir, ne serait-ce que pour l’audace de sa réalisatrice. Certains spectateurs n’adhéreront absolument pas à l’indolence mutique de ce film et pourtant c’est grâce à ces images silencieuses et à leur inscription dans la durée que la douleur de Georgina perce l’écran et que tout fait sens…

Florence Gopikian Yérémian

cancion sin nombre - film - cinema - perou - peru - movie - florence yeremian - syma news - melina leon Canción Sin Nombre

Un film de Melina León

Avec Pamela Mendoza (Georgina), Tommy Párraga (Pedro), Lucio Rojas, Maykol Hernández et Lidia Quispe

Musique de Pauchi Sasaki

Pérou, 2019

En salles : le 22 juin 2020

KUPKA

Kupka - Autoportrait - Grand Palais - Arts - Musée - Museum - Peintre - Peinture - Huile - Sortir - Beauté - Paris - Art - Peinture - Abstraction - Exposition - RMN - Fauvisme - Kunst - Abstraction - Fauve

KUPKA : un parcours obsessionnel vers l’abstraction

Kupka - Autoportrait - Grand Palais - Arts - Musée - Museum - Peintre - Peinture - Huile - Sortir - Beauté - Paris - Art - Peinture - Abstraction - Exposition - RMN - Fauvisme - Kunst - Abstraction - Fauve
Autoportrait – 1905 – Prague
Kupka - Autoportrait - Grand Palais - Arts - Musée - Museum - Peintre - Peinture - Huile - Sortir - Beauté - Paris - Art - Peinture - Abstraction - Exposition - RMN - Fauvisme - Kunst - Abstraction - Fauve
Autoportrait – 1910 – Prague

 

L’exposition du Grand Palais dédiée à François Kupka est très interessante car elle décortique en détail le cheminement vers l’abstraction de ce peintre tchèque. A travers une multitude de tableaux et d’oeuvres graphiques, les visiteurs prennent conscience de l’évolution mentale et picturale de ce très grand artiste dont l’oeuvre considérable demeure encore trop peu connue en France.

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Un classicisme fort sage

Kupka - Autoportrait - Grand Palais - Arts - Musée - Museum - Peintre - Peinture - Huile - Sortir - Beauté - Paris - Art - Peinture - Abstraction - Exposition - RMN - Fauvisme - Kunst - Abstraction - FauveKupka - Autoportrait - Grand Palais - Arts - Musée - Museum - Peintre - Peinture - Huile - Sortir - Beauté - Paris - Art - Peinture - Abstraction - Exposition - RMN - Fauvisme - Kunst - Abstraction - FauveLe parcours s’ouvre avec des toiles très classiques marquées par le symbolisme de la fin du XIXe siècle. Kupka, issu des Beaux-Arts de Prague et de Vienne, livre des autoportraits et des scènes champêtres emprunts d’un certain romantisme et d’une tradition académique évidente. Il propose aussi d’innombrables dessins sur papier témoignant de son attachement à la philosophie de Nietzsche et aux idées ésotériques.

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Un trait pamphlétaire

Kupka - Autoportrait - Grand Palais - Arts - Musée - Museum - Peintre - Peinture - Huile - Sortir - Beauté - Paris - Art - Peinture - Abstraction - Exposition - RMN - Fauvisme - Kunst - Abstraction - Fauve
Cynique et subversif, Kupka critique le pouvoir de l’Argent en inventant le personnage ventripotent de Monsieur Capital
Kupka - Autoportrait - Grand Palais - Arts - Musée - Museum - Peintre - Peinture - Huile - Sortir - Beauté - Paris - Art - Peinture - Abstraction - Exposition - RMN - Fauvisme - Kunst - Abstraction - Fauve
Dans cette huile sur toile, l’on retrouve l’horrible personnage du ploutocrate au ventre rempli d’or. ( L’Argent – 1899 – Prague )

Installé à Montmartre dès 1896, Kupka va travailler pour la presse et produire des centaines d’oeuvres graphiques. Illustrateur engagé et de grand talent, il élève cette discipline à un art à part entière et collabore à des revues satiriques telles que Cocorico ou l’Assiette au Beurre. Le trait précis et incisif, il croque allègrement ses semblables, dénonce les régimes oppresseurs et met en avant ses convictions de libre-penseur. Entre une caricature du capitalisme, une critique de la monarchie et des esquisses anti-cléricales, Kupka nous offre un très beau portrait des pensées subversives de son temps.

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Quelle magnifique période fauve !

Revenant à la peinture, Kupka se laisse séduire par la couleur. Quittant ses charmantes bourgeoises et son académisme, il projette sur ses toiles des personnages d’une grande intensité aux teintes criardes. A travers les portraits de ses « Gigolettes » l’on voit ainsi s’opérer une fabuleuse stylisation de sa touche : les traits de ses muses s’empâtent, leurs paupières se fardent de khôl, quant à leurs lèvres lippues, elles deviennent si rouges qu’elles frôlent la vulgarité. A mi-chemin entre un art fauve et une sensibilité expressionniste, Kupka nous livre là l’une de ses périodes les plus belles et les plus sensuelles !!  

 

Un cheminement vers l’abstraction

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Femme dans les triangles – 1910 – Huile sur Toile – Centre Pompidou
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Portrait de famille – 1910 – Huile sur toile – Prague

Au fur et à mesure que Kupka commence à traiter les volumes par la couleur, il avance vers l’abstraction. Au départ, celle-ci est encore timide car elle se traduit par de grands aplats qui recouvrent des personnages sculpturaux. Peu à peu, cependant, les motifs prennent le dessus et nivellent en plans toute la toile. A l’exemple de Mondrian ou de Delaunay, Kupka concentre alors sa recherche artistique sur la dynamique des formes et des tonalités au détriment des figures qui perdent progressivement leur regard, leur contour et leur carnation… 

 

Une disparition totale de la figure

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Parallèlement à sa recherche sur la ligne et l’espace, Kupka a aussi abordé le registre de la tache et du flou. (Complexe – 1912 – New York – Coll. Particulière)
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Kupka était si avant-gardiste qu’il a même conçu des toiles ressemblant à s’y méprendre à des cartes-mémoire d’ordinateur ! (Le trait austère – 1925 – Musée d’Art mod. de Paris)

Dès les années 1910, Kupka va se focaliser sur la problématique de l’espace et expérimenter des compositions purement abstraitesRompant avec la tradition mimétique, il abandonne une fois pour toute la figure humaine et crée une réalité picturale très avant-gardiste. Seul compte à présent le langage des formes et leur agencement sur la toile.

Passionné par la sciences, Kupka aborde dorénavant sa peinture avec la rigueur d’un théoricien tel que Kandinsky ! La ligne, le point, le plan commencent à devenir des sujets obsessionnels au point que l’artiste finit par se perdre dans ce dédale structurel.

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Cette ultime toile nous donne l’impression que Kupka a fini malgré lui par s’enfermer derrière les lignes de ce monde abstrait. (1930 – Huile sur toile – Prague)

Place à la théorie 

L’une des toiles qui marquent la fin de l’exposition du Grand Palais est une peinture géométrique en blanc et noir : réalisée en 1930, cette oeuvre minimaliste conclue en quelque sorte le cheminement impressionnant de Kupka vers l’abstraction. Reposant sur 3 plans noirs qui s’équilibrent remarquablement, cette composition possède de nombreuses qualités narratives mais elle est si construite qu’elle nous donne l’impression que Kupka a perdu toute son inspiration ! Où est donc passée la fougue de sa période fauve ?  Qu’en est-il du trait brut et irrégulier qui mordait la toile sans se soucier de calcul et de perfection ? Et que dire des couleurs qui happaient nos regards autant que nos esprits ? De toute évidence, le souffle et la création pure ne sont plus là. Il y a, bien sûr, une conscience du trait, une logique des espaces, un codage savant des couleurs mais à quoi rime une telle quête mathématique si l’émotion a entièrement disparu ? 

KUPKA – PDF SYMA News – Florence Ye?re?mian

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Kupka - Autoportrait - Grand Palais - Arts - Musée - Museum - Peintre - Peinture - Huile - Sortir - Beauté - Paris - Art - Peinture - Abstraction - Exposition - RMN - Fauvisme - Kunst - Abstraction - FauveKUPKA
Pionnier de l’Abstraction

Grand Palais
3 avenue Winston Churchill – Paris 8e
Jusqu’au 30 juillet 2018

Lundi, jeudi, vendredi, samedi et dimanche de 10h à 20h.
Mercredi de 10h à 22h. Fermeture hebdomadaire le mardi
Fermeture exceptionnelle le samedi 14 juillet

 

 

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