Une nuit avec Amel Bent. Une artiste éveillant son « Minuit Une Tour ». Une horloge musicale réglée à l’heure de ses rêves d’hier tout en réveillant ses cauchemars sentimentaux et intimes aiguillant ses plus grands classiques. Live report.

Amel Bent - Minuit une tour - Lyon
Drouin Alicia

Confessions nocturnes palpitantes

22 ans qu’elle a poussé la porte de sa chambre d’adolescence pour réaliser son rêve. Une grande artiste désormais qui a bien fait de croire en sa bonne étoile. Ouvrant cette fois une fenêtre sur son coeur et sa tête. « Minuit une, je sors de mon lit, J’vais pas fermer l’oeil de la nuit, Au clair de lune, je cherche la rime, mes deux mains me donnent le vertige »sonne-t-elle l’alarme de son « Minuit Une Tour » du nom de son dernier album mis à l’honneur. Tandis que se défait un drap levant le voile sur son décor composé de chutes de tissus aériens. Une chanteuse s’éveillant avec puissance et intensité aux alentours de 20H50 au milieu du lit de pensées de sa « Décharge mentale ». Une artiste non pas en robe de chambre, drapée d’une élégante tenue de soirée se remémorant entre autre ses premiers pas dans la lumière « à 20 ans ». « Et je revois le cours de ma vie, Je crains que rien ne soit plus pareil, Et je ne regrette rien, Non, je ne regrette rien » scande l’interprète d’« Où je vais » qui a depuis fait un sacré bout de chemin. Une grande voix parvenue à « bouleverser les genres et marquer mon temps » avec entre autre de nombreuses chansons d’amour. Thématique rythmant le deuxième acte de son concert. Une Cendrillon des temps modernes au micro pailleté orchestrant sesinterprétations magistrales, qui pour ce premier bal a convié l’une de ses bonnes fées, Vitaa. Un duo évènement on ne peut plus magique sur le poignant « Pourquoi tu restes » d’ailleurs co-écrit par la chanteuse lyonnaise. « Tu es l’une des femmes les plus inspirantes, les plus puissantes, les plus passionnées que je connaisse » lui a adressé sa sœur de coeur. Avant de laisser à nouveau seule Amel Bent poursuivre ses confessions nocturnes. Une artiste couchant « Comme tous les soirs » ses terreurs sentimentales. Dépliant « En silence » un lit conjugal tristement vide et froid. Un ex coeur brisé 100 fois, réparé 101 fois entre autre grâce à la musique, qui n’aurait pas eu assez d’une nuit blanche pour interpréter tous ses grands classiques en la matière. Et qui a finalement fait chavirer la foule avec un medley palpitant composé entre autre des ses tubes « Le droit à l’erreur » ou « Tu n’es plus là » replongeant « dans le monde de mes sommeils ».

Amel Bent - Minuit une tour - Lyon
Drouin Alicia

Un rêve éveillé

Une artiste absolument pas fatiguée d’entendre ses fans lui dire « je t’aime » (« 1,2,3 ») tout en versant quelques larmes. De circonstances justement son tube « Ne retiens pas tes larmes » figurant dans sa setlist. Une chanson symbolique que lui a confié le pianiste Franck Sitbon à sa sortie de « Nouvelle Star ». Une actuelle coach de « The Voice » qui à son tour ouvre la voie à de jeunes talents. Dont Terence James, demi-finaliste de la saison 9 et finaliste de l’édition All Stars invité ce soir là à partager son micro avant d’interpréter l’une de ses propres titres. Trois minutes chrono plus tard revoilà Amel Bent émergeant cette fois vêtue d’un pantalon beige échancré et d’un haut à facettes pour continuer de faire « Tourner la tête » des spectateurs en poussant un peu plus la porte de son mental. Une soirée plus folle encore avec la venue surprise de l’auteur de cette pépite, Slimane. Une artiste continuant de lever « le coeur rempli de volonté-té-té-té » des spectateurs debout prêts à prolonger « La fête » « Jusqu’au bout » de la nuit. « Ne me réveillez pas » scande-t-elle bel et bien décidée à plaider coupable de « Délit » de rêver encore longtemps. Une insomnie collective noyant« Sous l’eau » les chagrins et angoisses de chacun. « Donne-moi ta tristesse, Et tes rêves qui s’ennuient, J’en ferai des promesses, Qui tiendront toute la vie » sèche-t-elle les larmes sur le solaire « L’amour ça se donne » dans une vague d’amour. Une artiste finalement fière de ne pas être dans « La norme », remontant à la surface pour s’offrir un bain de foule. Un public aux yeux remplis d’étoiles voyant comme un signe du ciel le passage éclair d’un « Météore » (interprété en duo avec Nadjee). Avant de viser la lune (« Ma philosophie ») et jeter un dernier coup d’oeil vers le passé. Mais c’est vers l’avant qu’Amel Bent continue elle son rêve éveillé avec un regard ému pour « Mima » sa bonne étoile brillant plus fort que jamais.

DROUIN ALICIA