« Les histoires d’amour finissent mal, En général » avertissaient les Rita Mitsouko. Des paroles toujours d’actualité 40 ans plus tard qui depuis ont inspiré bien des générations d’artistes francophones et internationaux chantant l’amour poison plutôt que passion. Des titres à écouter pour une journée « sans » Valentin(e). Dossier.

Louane - chiens

Hymnes aux antis-amour

« J’aime pas l’amour » prévenait Olivia Ruiz sur son tout premier album, rythmé entre autre de ce titre éponyme au message explicit. « A chaque fois voilà, C’est r’parti pour un tour, Les chabadabada, Sur la plage de Cabourg, J’aime pas l’amour, Et ces « main dans la main », Et ces « toujours toujours », On connaît le refrain, Un petit air balourd » déplorait-t-elle. Une chanteuse croyant plus au crapaud qu’au prince charmant, se moquant des histoires fleur bleue sur des paroles satiriques toutes en finesse. Bien avant elle Alain Chamfort se positionnait lui aussi « Contre l’amour » tout comme Isabelle Huppert. Un discours intergénérationnel qui déjà résonnait dans le monde de la musique, à l’image du frontal « Je vous déteste les hommes » de Nila Cara sorti en 1941 ou de l’oeuvre « Merde à l’amour » de Zizi Jeanmaire. Toujours dans le second degré « Mon coeur mon amour » d’Anaïs qui à travers cet intitulé se moque gentiment des petits surnoms de couple. Un hymne anti mièvrerie se moquant des clichés romantiques sentimentaux. « Elle est bonne ta quiche, amour, Mon coeur, passe moi la salade, Et ça se fait des mamours, Se donne la becquée à table. Ce mélange de sentiments, Aromatisé aux fines herbes, Me fait sourire gentiment, Et finalement me donne la gerbe » déglutissait la chanteuse loin de mâcher ses mots à l’égard de ce bonheur indigeste pour un(e) célibataire. Un tube intemporel et refrain toujours sur toutes les lèvres et dans bien des coeurs esseulés. Si bon nombre de chansons de rupture sont orchestrées autour de sonorités et paroles tristes, pas question pour certains artistes de se laisser abattre. « S’il y a une chose que je veux retenir, C’est que pour aller mieux, faut savoir finir, S’il y a une chose que je sais trop bien, Mes restes, c’est fait pour les chiens » sert par exemple Louane (« Chiens ») sur ce hit au goût de revanche. Une chanson régalant les âmes en peine d’une louche d’humour musclé mélangé à un zeste de résilience. Autre femme forte et indépendante, Helena faisant la chasse à n’importe quel « Mauvais garçon ». L’ex talent de la « Star Academy » jouant à la bad girl en capuche déterminée à en finir avec les relations sentimentales toxiques. Tandis qu’Adèle Castillon sèche les larmes des coeurs brisés plus en douceur sur « Crève-coeur ». Côté messieurs, Gims & L2B invitent les victimes d’histoires tumultueuses à reprendre le contrôle et supprimer de leurs réseaux mais aussi de leur vie leur ex. « J’sais qu’tu racontes ta vie, j’crois j’vais finir par t’bloquer » scande le maestro et frère de Dadju qui lui avait composé son album « Poison ou antidote » autour de cette infinie dualité entre le meilleur et le pire…

Beyonce - Single Lady

Le poing levé plutôt que des coeurs avec les doigts

Un sentiment universel qui n’a pas de frontière et qui a inspiré bien des artistes un peu partout dans le monde. Dont la légendaire Gloria Gaynor qui a passionné des dizaines de pays avec son célèbre « I Will Survive ». Si il est devenu un hymne de stades depuis la victoire de l’Equipe de France de football lors de la Coupe du monde 1998, c’est avant tout grâce à son gimmick de victoire. Mais pas à son sens premier qui est la libération d’une femme abandonnée refusant de reprendre l’homme qui l’a trompée. Une ode féministe devenu également une référence pour la communauté LGBT. Et invitation à célébrer la vie à pleines dents tout en transformant ses épreuves en force. « Go on new, go walk out the door, Just turn around now ‘cause you’re not welcome anymore, Weren’t you the one who tried to hurt me with goodbye.. » comprenez « Allez va-y, sors d’ici, Fais demi-tour maintenant car tu n’es plus le bienvenu, N’était-ce pas toi qui as essayé de me faire du mal en me disant au revoir… » scande la chanteuse. Rejointe depuis dans le mouvement girl power par Beyonce et son cultissime « Single lady » dédiée à toutes les célibataires malgré tout debout et à l’aise dans leurs baskets. « Cause you had you turn, And now you’re gonna learn » comprenez « Parce que tu as eu ton occasion, Et, maintenant tu vas attendre » fait-elle claquer ses talons avec classe sur une chorégraphie endiablée. Quelques années après ses premiers pas d’« Independent Women » main dans la main avec ses copines des Destiny’s Child. Elles-mêmes suivie dans le mouvement par les Pussycat Dolls interprètes entre autre de l’explosif « I don’t need a man », qui derrière leur nom provocateur ont prouvé qu’elles n’avaient nul besoin d’homme à leur côté pour réussir.

DROUIN ALICIA