Vita et Virginia

Lorsque l’on évoque la figure de Virginia Woolf au cinéma, nombreux sont ceux qui songent à Orlando, le merveilleux film de Sally Potter. Interprété par Tylda Swinton, ce personnage aux mille facettes nous avait transporté du fin fond de l’Angleterre à la grande Russie en changeant successivement d’époque et de sexualité.

Avec Vita et Virginia, la réalisatrice Chanya Button revient sur la genèse d’Orlando en levant le voile sur son inspiratrice : Lady Vita Sackville-West. Aristocrate à la vie délurée, cette ravissante mondaine fut en effet la muse et le grand amour profane de Virginia Woolf.

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La malicieuse Vita (Gemma Arterton) va séduire Virginia (Elizabeth Debicki) et l’entrainer sur d’autres sentiers… littéraires.

Une passion saphique au coeur de l’Angleterre victorienne

Lorsqu’en 1922 Virginia Woolf fait la rencontre de Vita Sackville-West, les deux écrivaines sont respectivement mariées. Bien qu’issue de l’aristocratie britannique, Vita est une excentrique pleine d’audace qui mène une vie des plus débridées. Quand elle croise le chemin de Virginia, elle est fascinée par l’imagination singulière de cette femme de lettres et décide de la conquérir. Dépassant sa fragilité et sa pudeur maladive, la vertueuse Virginia va, à son tour, tomber amoureuse de cette autre femme et envoyer valser toutes les conventions sociales de son temps…

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Malgré sa courte présence, Isabella Rossellini apporte tout ce qu’il faut de dédain et de sophistication au personnage de Lady Sackville, la mère de Vita.

Le raffinement des années 20

Le film de Chanya Button est d’une très belle esthétique. Au fil des escapades de ces deux amantes et des soirées mondaines du Bloomsbury Group, le spectateur est emporté par l’esprit fantasque et raffiné des années 20. D’une scène à l’autre, on est sous le charme aristocratique des lieux mais aussi des costumes androgynes de Vita Sackville-West qui déclinent à foison perles, crêpeline de soie et lavallières. Par-delà l’aspect réaliste du film, la réalisatrice a également introduit des images de synthèse traduisant les visions de Virginia Woolf : par le biais de lianes et de végétation envahissant l’image, elle nous laisse ainsi deviner les périodes de fulgurance de cet esprit hyper créatif.

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De par ses traits et son interprétation, la comédienne Elizabeth Debicki (Virginia) a tout de l’héroïne romantique du XIXe siècle.

Des comédiennes complémentaires

C’est à Elizabeth Debicki que revient le rôle vulnérable de Virginia Woolf. Avec son visage plein de candeur et sa peau de porcelaine, cette actrice fait preuve d’une belle émotivité. Grande brindille douce et fragile, elle est parfois trop lunaire et insiste de façon apathique sur les phases d’absence de la romancière.

Face à elle, Gemma Arterton incarne avec brio le personnage dominateur de Vita Sackville-West : arrogante, lubrique et insatiable, cette comédienne confère à sa protagoniste un glamour affolant doublé d’une distinction sublime.  

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Par leurs oppositions initiales, Virginia (Elizabeth Debicki) et Vita (Gemma Arterton) personnifient la vertu et le vice.

Trop de sentimentalisme

Malgré son bel esthétisme et son casting tout en contrastes, ce film est cependant beaucoup trop lent : se centrant excessivement sur le ressenti amoureux de Virginia à l’égard de Vita, il nous plonge à maintes reprises dans des scènes sentimentalistes qui traînent en longueur.  Si l’on connaît les textes de Woolf et sa pensée avant-gardiste, on demeure sur sa faim car Chanya Button s’enlise dans la romance et ne creuse pas assez le rapport de son héroïne envers l’écriture et la création littéraire.

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La réalisatrice Chanya Button s’attarde trop sur les émotions de Virginia au détriment de son génie littéraire.

Une quête totale de liberté

Ce second long-métrage de Chanya Button offre néanmoins un questionnement intéressant sur la liberté des moeurs. En mettant en scène deux des premières romancières à traiter ouvertement de l’homosexualité féminine, la réalisatrice porte en effet un regard implicite sur le lesbianisme tout en devisant sur l’émancipation des femmes.  Son regard de cinéaste offre donc une double réflexion car il ne se contente de souligner la quête d’indépendance des femmes au coeur d’une Angleterre pudibonde et misogyne, il a aussi l’audace de s’attarder sur la notion de désir et la dimension charnelle d’une histoire d’amour hors du commun.

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Vita et Virginia

Un film de Chanya Button
Avec Gemma Arterton, Elizabeth Debicki et Isabella Rossellini
Angleterre – 2019

En salles : Le 10 juillet

1h50

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Florence Gopikian Yérémian est journaliste culturelle. Rédactrice auprès de Muséart, Paris Capitale, L’Oeil ou le BSC News, elle couvre l’actualité parisienne depuis plus de vingt ans. Historienne d’Art de formation (Paris Sorbonne & Harvard University), correspondante en Suisse et à Moscou, elle a progressivement étendu ses chroniques au septième art, à la musique et au monde du théâtre. Passionnée par la scène et la vie artistique, elle possède à son actif plus de 10000 articles et interviews.