Avant qu’elle se fasse connaître en Europe avec Final Fantasy VII sur Playstation, l’aventure Final Fantasy avait commencé depuis bien longtemps avec Final Fantasy premier du nom sur NES en 1987. A cette époque, pas de polygones : tout était en 2D et constitué de simples pixels. Les pixels, c’est justement ce qui intéresse le label Kuropop avec l’ouvrage FF Pixel, entièrement dédié au design des jeux Final Fantasy de I à VI.

Il était une fois FF

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Les artistes de l’époque devaient créer une forme humaine avec très peu de pixels

FF Pixel affiche tous les personnages et ennemis des anciens Final Fantasy. Même quand on a joué à Final Fantasy Origins sur Playstation, ça n’a l’air de rien mais les développeurs de l’époque travaillaient avec seulement 384 pixels par personnage. C’est vraiment pas beaucoup! Le livre met justement en lumière le travail effectué dans les années 80/90 par Square pour traduire le mouvement ou l’expression des héros, parfois en changeant un seul pixel !

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Le travail sur les visages est déjà impressionnant en 1988

Pour Final Fantasy II, Square double la mise : les designers ont maintenant 768 pixels. De quoi insérer des visages dans les menus, et c’est impressionnant de voir comment en 1988 les artistes arrivent déjà à insuffler la détermination ou la bonté dans les regards, avec aussi peu de moyens. La progression de Final Fantasy à Final Fantasy VI est vraiment saisissante sur ce point.

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Le design des monstres a toujours fait l’objet d’un soin particulier

La représentation des monstres est elle aussi très détaillée, et ce dès Final Fantasy III en 1990 (ci-dessus). L’identité et la variété des ennemis s’expriment à travers des éléments précis et minutieux comme l’habillement, la pose ou la physionomie. Notez également que les ombres ne sont pas oubliées. Les monstres sont plus richement illustrés que les personnages pour deux raisons très simples : à l’inverse de ces derniers, ils ne sont pas animés (et d’ailleurs ne le seront pas avant Final Fantasy VII, le premier en 3D) et sont nettement plus grands à l’écran pour paraître plus imposants.

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Le tout début de l’aventure! Comment ne pas frémir en voyant cette page?

Pour finir sur la partie graphique, FF Pixel contient des doubles pages superbes avec des symboles forts de ces Final Fantasy classiques comme ici l’écran-titre de Final Fantasy, l’origine même de la série. Ceux de Final Fantasy VI, en particulier l’Opéra, sont magnifiques.

Une plongée dans le développement des anciens Final Fantasy

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L’interview contient quelques anecdotes qui valent le détour

Mais l’élément le plus intéressant de ce livre est peut-être la longue interview de Mme Kazuko Shibuya, directrice artistique chez SquareEnix qui a participé à la conception graphique de presque tous les Final Fantasy de I à VI. On y apprend son parcours, sa rencontre avec Hironobu Sakaguchi (le créateur de la série), mais aussi et surtout les circonstances de la genèse de Final Fantasy, ainsi que quelques secrets techniques.

Pas de doute, FF Pixel est un livre en or pour les fans de la série mythique de Square. Les 260 pages ne font que raviver des souvenirs fabuleux, en plus d’être instructives. L’interview pleine de secrets d’époque n’est que la cerise sur le gâteau. A parcourir sans modération pour les fans de FF, les vrais.

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Editeur : QBIST (Japon), Kurokawa (France)
Label : Kuropop (France)
Genre : Recueil d’illustrations, histoire du jeu vidéo

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Thomas Froehlicher est chroniqueur Japon & Gaming. Rédacteur pour plusieurs sites spécialisés dans le jeu vidéo, il intervient sur l'actualité vidéo-ludique depuis trois ans. Sa passion pour la culture japonaise, aussi bien classique que moderne, l'a poussé à en étudier la langue en parallèle de sa majeure en finance, puis à effectuer un semestre d'échange universitaire à Sophia University à Tokyo. Il est titulaire du Japanese Language Proficiency Test niveau 1 depuis 2012, et depuis ne jure que par les versions originales en japonais.