Pascal Obispo continue de perpétuer son « Héritage » avec des voix inter-générationnelles : Chronique musicale 

Sa voix résonne au panthéon de la variété française. Un « Héritage » musical que Pascal Obispo continue d’enrichir à coup de divers projets artistiques. Dont le dernier en date, le volume 1 qui est en réalité le second d’un album de duos composés sur-mesure selon l’univers de ses invités à bord de ce grand voyage qu’est la vie. Chronique musicale.

Voix d’hier et d’aujourd’hui

Il avait des posters de David Hallyday dans sa chambre. Un « Fan » également idole de millions de français. Mais c’est justement sa part d’admiration qui résonne tout au long de la nouvelle pièce du riche « Héritage » musical de Pascal Obispo. Artiste multi-casquettes à la fois interprète, réalisateur de comédie musicale, mais aussi auteur-compositeur qui a fait entendre sa plume grâce au succès de « Savoir aimer » de Florent Pagny. Baryton avec qui il a également déjà partagé le micro. Parmi ses duos stars, « Mourir demain » avec Natasha St-Pier ou « Les meilleurs ennemis » avec son amie Zazie. Mais c’est justement avec l’interprète de « Tu ne m’as pas laissé le temps » qu’il a ouvert le bal de son nouvel opus. Volume 1 d’un coffret déjà rempli du Volume 2 sorti lui en mai dernier où déjà il n’était pas seul mais plutôt très bien accompagné que ce soit par Francis Cabrel, Renaud ou Ycare. Même son de cloche pour ce disque orchestré autour de 12 collaborations supplémentaires et autant de collègues qu’il affectionne tout particulièrement. De David Hallyday donc à Serge Lama, en passant par William Sheller, Véronique Sanson, Thomas Dutronc ou encore Christophe Willem. Une affiche inter-générationnelle de voix populaires de la chanson française portant tous un message de transmission mais chacun avec sa sensibilité et singularité. Des rencontres aux airs dedialogue entre les générations autour non pas de reprises de grands classiques intemporels mais de compositions originales. Avec à la baguette côté textes et instrumentales, Pascal Obispo qui s’est glissé dans les univers de ses invités pour créer une partition sonnant sur-mesure de chacun. Tant qu’ils auraient presque pu l’interpréter seul ou l’intégrer à leur œuvre. Mais avec une vraie volonté de partage et unité.

Des messages intemporels

À l’image du premier single porté par David Hallyday accordant son timbre rock à celui de Pascal Obispo. Sur des mots de Lionel Florence abordant avec pudeur le thème du deuil et de l’absence affectant « Ceux qui restent ». Une mort nuancée par cet éternel cycle de la vie tournant autour de fins, recommencements et plusieurs renaissances. « On passe sa vie à naître » affirme Véronique Sanson sur cette ballade poétique sonnant comme une ode à l’apprentissage perpétuel. Chanteuse de 77 ans qui même après un demi-siècle de carrière continue de faire des premiers pas ou doigtés sur son piano. Trajectoire plus blues/rock pour Eddy Mitchell emportant « Une larme pour la route » d’un air nostalgique faisant écho à ses influences américaines. De son côté William Sheller s’accorde une pause douceur le temps de se dire et d’admirer « Les choses belles » illuminant notre chemin. Un trajet avec escale à « Bordeaux » co-pilotée élégamment par Serge Lama sortie exceptionnellement de son silence. Ainsi qu’à « Forthlin Road », avec pour passager Calogero se rendant à l’adresse où Paul McCartney et John Lennon ont composé les premières chansons des Beatles. Alain Souchon regarde lui d’un air nostalgique les amours de vacances s’éloigner et châteaux de sable s’écrouler grain après grain comme si on avait glissé « La plage dans le sablier ». Autres noms plus actuels, Gauvain Sers stationnant sur « Les sièges rouges » d’une scène musicale en perpétuel mouvement faisant son possible pour ne jamais tomber sous silence. Ou Christophe Willem faisant résonner sa sensibilité sur le planant « Tendre à attendre ». Et c’est finalement en solitaire qu’il dénoue une « Les souvenirs attachés » à des chansons ou d’autres monuments de la musique ayant rythmé sa vie. Une ultime note à l’air d’autobiographie, prolongeant sa réflexion sur la mémoire, le temps qui passe de la naissance jusqu’à l’envol au « paradis blanc », tandis que certaines paroles demeurent intemporelles. 

DROUIN ALICIA

Alicia Drouin

Alicia Drouin est une journaliste au profil éclectique maitrisant l’écriture Web mais aussi l’aspect technique de la post-production. Passionnée par la musique et l’univers des Médias elle a déjà collaboré à différents sites tels que Just-Music ou Laboxmedias.