« Brel » aux notes rock. Monument de la chanson française aux grands classiques intemporels ranimés par Ycare. Un album hommage orchestré autour de reprises ambiance contemporaine et interprétations d’une intensité saisissante.Chronique musicale.

Une ombre lumineuse
C’est sous son plus beau profil qu’Ycare pose en pochette de son nouvel opus. Un artiste sur son 31 levant le bras tel un double de « Brel ». Plus qu’une idole, un maître spirituel qui sans le savoir lui a appris à écrire mais aussi « chanter… d’abord avec les mains ». « Il m’a fait comprendre que le geste était la prolongation du mot, pour être sûr d’être bien compris, pour être sûr d’être entendu » se remémore-t-il cette légende aux qualités d’interprétations magistrales intense et théâtrales. Un pionnier de la chanson francophone qui a été l’un des premiers à chanter l’amour pas forcément tout rose, mais aussi le deuil ou l’ivresse avec rage et vulnérabilité. Thématique au coeur de son plus grand succès, « Ne me quitte pas » choisi comme premier single par Ycare. Un artiste en pleine tempête intérieure laissant s’envoler ses larmes sur cette vague de chagrin d’un amant noyé par sa peur de l’abandon. « Moi, je t’offrirai, Des perles de pluie, Venues de pays, Où il ne pleut pas ». Des paroles du chanteur belge demeurant universelles que s’approprie l’interprète de « Mon pays c’est la vie » né lui au Sénégal. Un texte livré d’une gestuelle volontairement accentuée on ne peut plus frissonnante. Accordée à une voix écorchée poussant jusqu’à l’octave avec pour double lecture un appel à ne jamais abandonner ses rêves. Un chanteur moderne plaçant l’amour au centre de tout, comme remède aux épreuves de la vie. « Brel m’a appris à aimer la vie comme était, dans sa fureur et sa fulgurante fugacité » confie-t-il avec sagesse et poésie. Thématique ouvrant justement le bal avec un autre grand classique, « La Chanson des vieux amants ». Ecrit lui à l’époque pour la compagne de Jacques Brel, Thérèse Michielsen. Une déclaration tendre et mature à un amour qui a duré malgré des « orages » et « éclats de vieilles tempêtes ». Une chanson qui pour ses noces de vison palpite autour d’arrangements rock on ne peut plus vibrant co-composés avec Pascal Obispo. Des guitares électriques et rythmiques intenses résonnant tout au long du disque.

Des messages toujours d’actualité
Un projet audacieux ranimant quelques chansons historiques de cet artiste à l’héritage intemporel transmis de manière à la fois contemporaine et raccord à l’oeuvre de Brel. Une discographie vendue à plus de 25 millions d’exemplaires partout dans le monde, composée de nombreux succès. Allant de « Vesoul », classé à l’époque numéro 1 des ventes et écoutes de single en France, scandé d’un haut débit, à « Ces gens là » sonnant la note final de cet albumrejouant 10 pistes de Jacques Brel parmi les préférées d’Ycare. En passant par « La quête » mythique à la poursuite d’un idéal à la force de l’espoir face aux obstacles. Ou encore « Quand on n’a que l’amour » célébrant l’amour comme force universelle, humaniste, capable de vaincre la misère et violence du monde. Mais aussi quelques pépites moins populaires, dont « Jojo » du surnom de Georges Pasquier, fidèle collaborateur et ami de Jacques Brel. Ou « L’ivrogne » faisant lui écho à un homme abandonné qui s’enivre pour noyer la souffrance d’un amour perdu et son mal être. Des morceaux de l’ombre remis en lumière avec fureur et poigne par l’une des plus belles plumes francophones actuelles qui a grandi au son de cette grande poésie. « Brel m’a appris à écrire » se remémore-t-il admiratif de « La beauté du verbe, la force pesée de chaque mot » et chaque « consonne appuyée » de celui qui a fait ses adieux à la scène sur celle de l’Olympia de Paris. Une présence que peut-être Ycare pourra ressentir pleinement lors de sa venue dans cette salle mythique le 25 septembre 2007 dans le cadre de son « Résilience Tour ». Un concert évènement qui ne sera pas le seul puisque les lettres de son nom d’artiste brilleront de rouge à trois autres reprises, une fois par mois. Les 17 octobre, 5 novembre et 3 décembre 2027. Entre plusieurs escales un peu partout en France, avec pour l’heure une ouverture de rideau le 23 septembre 2027 à la maison de la culture de Clermont-Ferrand et révérence finale depuis l’Acclameur de Niort le 18 décembre 2027. Une tournée à l’affiche elle aussi en noir et blanc symbolisant son passage de l’ombre vers la lumière par toutes les émotions, orchestrée autour de ses propres chansons en écho avec celles de Brel.
DROUIN ALICIA





