Il est l’un des premiers à avoir fait le buzz sur internet. « 20 ans de carrière » plus tard, Kamini demeure non seulement un phénomène viral mais aussi un artiste complet inclassable. Et c’est avec son micro de chanteur qu’il s’apprête à remonter sur scène. Un anniversaire rythmé entre autre de son célèbre tube « Marly-Gomont ».

Kamini - Tour 2026 - 20 ans de carrière -

De « Marly Gomont » aux scènes de France

Le rap, l’humour, la télévision. En « 20 ans de carrière » Kamini a multiplié les projets. Un véritable électron-libre sans plan précis passé d’habitant du village « Marly-Gomont » à une voix écoutée aux quatre coins de la France, y compris à « Panam ». Mais c’est à Avignon qu’il fera escale le 16 mai prochain pour la première date musicale de sa tournée anniversaire. Avant une série d’une vingtaine de concerts, showcase et festivals. Dont un rendez-vous évènement justement avec la capitale à la Cigale le 23 mai 2026. Avant un passage à Lyon, Maubeuge ou encore Périgueux. Des grandes et villes intermédiaires loin du patelin où il a grandi en compagnie de son père médecin généraliste et de sa famille. « J’ai dit à mon père, On aurait pu aller s’installer à Moscou, non ? » ironise-t-il sur le fameux tube du nom du « village paumé dans l’Aisme, en Picardie » où résidaient « 95 % de vaches, 5 % d’habitants, et parmi eux, Une seule famille de noirs » la sienne. Devenue une commune ultra célèbre en France grâce à cette chanson ayant révélée Kamini. « J’viens pas d’la cité, mais le beat est bon, J’viens pas d’Panam, mais d’Marly Gaumont, Y a pas d’bitume là bas, c’est qu’des pâtures, Mais c’là n’empêche que j’ai croisé pas mal d’ordures » slame-t-il sur son refrain entêtant resté sur toutes les lèvres, qu’il a entre autre réinterprété lors de la tournée nostalgique des années 2000 « I gotta feeling ». Un single écoulé à plus de 400 000 exemplaires, resté 39 semaines au Top Singles France entre le 18 novembre 2006 et 11 août 2007, dont quatre semaines numéro un des ventes. Et troisième plus gros hit de 2007derrière « Double je » de Christophe Willem et « Garçon » de Koxie. Des scores retentissant à une époque où les internautes surfaient entre MySpace et Daylimotion, tandis que Youtube mettait en ligne ses premières vidéos. Notamment son clip aux 27 millions de vues, demeurant l’un des premiers buzz de la plateforme en France. Une visite guidée de quelques voisins dans les rues de « Marly-Gomont » avec une petite caméra de basse qualité. Une vidéoréalisée avec les moyens du bord qui ne devait être qu’une maquette pour les maisons de disques. Finalement devenue un phénomène viral et à l’heure actuelle demeurant son plus grand succès.

Kamini - Marly Gomont

Un succès surprise

Une chanson pourtant refusée à l’époque par toutes les maisons de disques à qui Kamini l’avait envoyée. « La légende raconte qu’une stagiaire d’Universal a cliqué sur le lien, a rigolé, elle l’a envoyé à des potes à elle… » raconte de son ironie mordante cet ex infirmier qui passait son temps libre à rapper. Devenu le symbole de la ruralité et ambassadeur star de son village et de ses commerces de proximité redynamisés. Un porte-parole au flow unique et textes rythmés d’humour. Et un premier exemple de réussite pour les artistes indépendants. Une personnalité solaire à la bonne humeur et l’entrain communicatifs. Un rappeur nouvelle génération parvenu à casser les clichés « bling-bling » avec pour figurants non pas de grosses voitures ni femmes sexy mais des vaches ruminant dans les champs. La suite on la connaît, un premier tube donc relayé en masse par les internautes, allé jusqu’aux oreilles des médias et maisons de disques. Une signature et plusieurs autres hits toujours dans un style décalé et léger. Allant du poilant « Parce qu’on est con » à « J’suis blanc » où il imagine son épiderme s’éclaircir. En passant par « Les Gens », ou encore « Psychostar Show » où il revêtit sa blouse blanche au coeur d’une drôle de clinique psychiatrique pour soigner les clichés à l’égard des patients atteints de troubles.

Kamini - tricheurs

Une carrière qui dure

Une carrière musicale courte mais résonnante qui lui a rapporté de généreuses économies investies entre autre dans l’immobilier, tout en lui ouvrant la porte d’autres projets professionnels. Entre autre à la télévision où il a fait quelques apparitions. Que ce soit en tant qu’invité du « 13H » de Jean-Pierre Pernault entre deux sujets régionaux. Ou à l’animation de l’émission « Les Gens des Hauts » sur France Télévisions où le picard arpentait le patrimoine de cetterégion qui a accueilli son père. Et où il est retourné lui-même depuis le covid pour se remettre au vert. Une histoire d’intégration réussie racontée au sein du film « Bienvenue à Marly-Gomont » dont il est le scénariste. Un succès cinématographique qui pourrait bien avoir une suite et même une série télé du même nom. Un artiste donc toujours en ébullition, aperçu récemment dans la fiction jeunesse « KARMA, trop jeunes pour se taire », ainsi qu’au casting de la télé-réalité « Tricheurs » sur TFX. Très actif sur TikTok et toujours sur Youtube avec qui il a fêté ses 20 ans d’union en postant le clip « Pour te redire que je t’aime ».

DROUIN ALICIA