Balance ton tube ! Près de cinq ans après le dernier, la popstar belge Angèle revient faire chanter le public francophone avec « What Your Want ». Une production dance électro mixée par un groupe star en la matière, Justice.

Un retour qui fait mousse
Ils étaient plus de 10 000 compatriotes réunis Place de la Monnaie à Bruxelles pour célébrer le grand retour d’Angèle. C’est dans cette même ville que la chanteuse belge applaudissait elle Justice lors d’un de leur concert en décembre 2024. Groupe d’ailleurs tout juste récompensé par la « Victoire du concert ». Show suivi d’un after en loges avec forcément une discussion autour de la musique. Rencontre qui a conduit tout ce petit monde lors d’une session studio improvisée à partir d’une démo des fonds de tiroir de l’artiste remixée par le groupe. Une production baptisée « What Your Want », qui contrairement à son titre ne contient quasiment que des paroles en français, à l’exception du refrain. « Encore une bêtise, c’est tout ton maquillage sur ma bouche, Tu me dis que ça t’excite, on arrange ça dans la douche » se mouille la chanteuse inondée d’un amour houleux trempant dans la rébellion. Un hymne à la liberté sentimentale et au désir charnel aux notes d’assurance murmuré d’un timbre aussi suave que doux. Le message d’affirmation et puissance d’une femme qui sait ce qu’il veut, pouvant faire écho à toutes les identités et orientations sexuelles. Des paroles fédératrices couplées à une mélodie à la fois brute et élégante. Un orchestre de sonorités électros, nappes synthétiques, pulsations régulières et autres notes cinématographiques. Une chanteuse mariant sa pop sensuelle à l’électro pure de Justice. Une ambiance magnétique assez loin de la pop acidulée des débuts d’Angèle, donnant le tempo d’une nouvelle ère plus électrisante et audacieusement libre. Un virage qui déjà se faisait entendre lors de son interprétation du hit « Nightcall » en featuring avec Kavinsky et Phoenix lors des Jeux Olympiques d’été de 2024 à Paris. Capitale où Angèle s’est rendue pour y diffuser en avant-première le clip de « What Your Want ». Vidéo pourtant tournée à l’autre bout de la France dans les rues du 1er arrondissement de Marseille avec un Iphone. Une balade nocturne dans la citée phocéenne allant d’une épicerie à une soirée mousse en pleine laverie. En passant par un PMU de quartier décoré d’un mythique maillot de foot, écusson du club olympien ainsi que de nombreux trophées. Une ville dont on retrouve la chaleur à travers l’ambiance brûlante du scénario contrastant avec l’éclairage tamisé de la réalisation.Une artiste déambulant en petite robe rouge pailletée des coeurs dans les yeux, au bras d’un homme puis la boucheentrelacée à celle d’une autre jeune femme. Tout en trémoussant sensuellement sa chevelure désormais courtecarrée au son de cet hymne dance à l’amour passionnel chorégraphié par (La) Horde, collectif d’artistes dirigeant le Ballet national de Marseille.

Une carrière inondée de succès
Un retour en pleine lumière pour celle qui avait coupé son micro il y a quasi cinq ans contre quelques défilés et collaborations modes. « Je ne sais plus qui je suis, la vraie Angèle, je l’ai perdue » déplorait-elle dans un documentaire évènement mis en ligne sur Netflix juste avant son retrait en coulisses. Une pause bien méritée après trois ans d’un rythme effréné depuis la sortie de « La Loi de Murphy ». Un premier single à forte résonance qui l’a propulsé sous le feu des projecteurs. Suivi dans la foulée d’un premier album « Brol » vendu à 1,5 millions d’exemplaires rythmé de tubes comme « Tout oublier » en featuring avec son frère rappeur Roméo Elvis ou « Ta reine », hymne à l’homosexualité féminine couronné d’une certification de diamant. Un disque sacré « révélation » aux Victoires de la Musique, applaudi également partout en France mais aussi en Suisse, au Luxembourg, en Belgique et même au Canada et aux Etats-Unis lors d’une tournée de 90 shows. Un succès pourtant « Flou » et trop éblouissant pour cette jeune et jolie blonde en l’apparence n’ayant pas sa langue dans sa poche. N’hésitant pas même à se faire porte-parole du mouvement « #MeToo » avec « Balance ton quoi ». Un titre aussi explicit que ses paroles féministes engagées. Un message entendu partout dans le monde francophone. Entre autre dans son pays d’origine, la Belgique. Origine qu’elle clame haut et fièrement sur l’entêtant « Bruxelles je t’aime » hommage à la capitale. Première note de son second opus « Nonante-cinq » (85). Un disque plus introspectif extériorisant ses vieux « Démons ». Mais pas moins radiophonique qui l’a conduite au sommet des streams en 2025 et là encore dans les plus grandes salles de concert et plus gros festivals européens. Des scènes qu’elle devrait retrouver d’ici quelques mois pour y interpréter en live les chansons de son tant attendu troisième album.
DROUIN ALICIA





