Un défilé de tubes, mais aussi de drapeaux ainsi que de références culturelles et politiques ont rythmé la traditionnelle mi-temps du Super Bowl. Une grande fête sportive avec pour capitaine la star du reggaeton Bad Bunny qui a fait danser le monde sur des refrains et symboles hispaniques.

Un show à l’espagnol
13 minutes et 13 secondes. C’est le temps durant lequel Bad Bunny a fait danser le monde depuis l’enceinte du Levi’s Stadium de Santa Clara, en Californie ! Un redoutable joueur de musique latine entré sur le terrain un ballon à la main, depuis un champs de cannes à sucre. Avec pour s’hydrater une gourde de vieux rhum servi par l’un de ses nombreux danseurs. Une troupe en pava pour les hommes (couvre-chef local) et uniforme sexy pour ces mesdames. Tandis que le chanteur portait lui une ensemble couleur crème crée par Storm Pablo et Marvin Douglas Linares. Deux stylistes qui ont fait de l’artiste une icône moderne de la mode. Un costume signé Zara, célèbre enseigne de prêt à porter ibérique, collant parfaitement à l’étiquette made in Espagne de sa performance interprété quasi dans sa totalité en espagnol. Langue parlée par plus de 41 millions de citoyens aux Etats-Unis. Et bien entendu par Benito Antonio Martinez Ocasio de son vrai nom, né à Porto Rico, devenant le premier artiste entièrement hispanophone à se produire lors de cet évènement américain à portée planétaire. Culture mise en lumière tout au long de son show solaire et festif à la scénographie millimétrée rythmée de symboliques réfléchies. Avec pour clins d’oeil à ses origines des accessoires allant d’un chariot de coco à une partie de dominos en passant par des gants de boxe, sport très pratiqué là bas. Plus politique, la mise en lumière de Tonita, figure locale iconique, propriétaire de l’un des tout derniers clubs sociaux portoricains de Brooklyn. Ou encore une montée sur pylônes électriques de faux techniciens, faisant référence à la crise énergétique frappant Porto Rico depuis le passage de l’ouragan Maria en 2017 ayant impacté le quotidien des résidents. Situation qu’il aborde d’ailleurs dans son hymne à la résilience « Estamos Bien ».

Un porteur de drapeaux
Mais c’est avec le hit « Titi me pregunto » que le rappeur a ouvert le bal. Avant d’enchaîner avec « Yo perreo sola » mixé de passages de « Safaera », « VOY a LLeVARTE PA PR » et « Party ». Suivi de « EoO » lui aussi réarrangé d’extraits de « Pa que se lo gozen », « Dale don dale », « Noche de travesuras » et « Gasolina ». Plus surprenant, l’introduction d’« Hier encore » du fameux Charles Aznavour dont il honore la mémoire sur « Monaco ». Tube qui a donné le ton et l’ambiance salsa à sa version de « Die With a Smile » cover de Lady Gaga, en featuring avec la chanteuse vêtue pour l’occasion d’une robe de flamenco ! Témoin privilégiée du mariage d’un couple en direct devant 130 millions de convives du monde entier. Parmi lesquels un mini Bad Bunny, Pedro Pascal, Jessica Alba ou Cardi B en tribunes et un peu plus tard Ricky Martin. Grande absente en revanche Shakira qui avait invité son collègue il y a six ans sur cette même scène. Mais c’est des scores de Taylor Swift que ce rapproche Bad Bunny, figurant parmi les artistes les plus streamés. Mais probablement pas dans la playlist de Donald Trump qui a qualifié son showcomme « l’un des pires » de l’Histoire et sans sens. Pas de quoi faire taire ce faiseur de tubes tout juste récompenséaux Grammy Awards n’oubliant pas qu’il vient d’une communauté mixte et travailleuse. Une personnalité réputée pour ne pas avoir ses idées dans sa poche. Demeurant même un porte-parole très engagé politiquement entendu entre autre au sujet de l’ICE (police de l’immigration aux Etats-Unis). Mais qui ce soir sans jamais prononcer de parole qui fâche,l’a joué subtil. « Dieu bénisse l’Amérique » a-t-il conclu pacifiquement au nom de la paix un drapeau portoricain à la main. Rapidement rejoint par un défilé de nations du continent américain parmi lesquels l’Argentine, la Bolivie, le Mexique ou le Paraguay. « Ensemble nous sommes l’Amérique » a-t-il touché au but tandis que s’affichait au score le message « Seul l’amour est plus fort que la haine » prouvant que l’amour de la musique et de la danse demeurent toujours meilleurs que la haine et la division, et surtout sans frontière.
L’info + : Depuis la diffusion du Super Bowl les écoutes de la page de Bad Bunny ont été multipliées par sept. Avec en tête des clics « DtMF », « Baile Inolvidable » et « Titi Me Pregunto ».
DROUIN ALICIA





