Il aura fallu trois ans pour voir débarquer ce nouveau volet Pokémon, la période la plus longue depuis le début de la série. Vu que Game Freak visait une révolution de gameplay, on pourrait comprendre. Mais Légendes Pokémon ZA vaut-il les trois longues années d’attente?

Légendes Pokémon ZA vous fait débarquer à Illumis, la capitale de Pokémon XY, pour participer à un tournoi géant appelé ZA Royale. Le principe est le même que d’habitude : il faut capturer les petites créatures que sont les pokémons, les entraîner, et les faire gagner contre les pokémons d’autres dresseurs. Il faut savoir que Légendes Pokémon ZA ne se déroule que dans la ville d’Illumis, c’est le premier jeu Pokémon 100% urbain. Plusieurs parties de la ville sont des zones sauvages où la capture des pokémons est possible, et durant la nuit apparaissent des zones de combats où l’on peut engranger des points en battant d’autres dresseurs.

Ce schéma de progression poursuit le joueur pendant quasiment tout le jeu et c’est un des problèmes du jeu de Game Freak : Pokémon est un jeu qui ne fonctionne pas en vase clos. Pour endroit duquel on ne va jamais sortir, Illumis n’est pas très grande, et encore moins variée. Tous les quartiers, toutes les rues se ressemblent, tous les bâtiments ont la même couleur… On est vraiment très en dessous de l’expérience apportée par Violet et Ecarlate en 2022. Difficile de casser la routine du cycle zone sauvage/combat, quand d’anciens épisodes avaient des paysages, une exploration complexe, des énigmes, des donjons, des arènes bien différentes…
Bref, plein de manières de renouveler l’expérience que Légendes Pokémon ZA n’a pas su trouver. Rien que les zones sauvages dérangent fondamentalement par leur petitesse : on trouve immédiatement le pokémon désiré. A la grande époque, on parcourait un monde immense à chercher dans chaque recoin des créatures plus on moins rares, il y avait une vraie chasse aux pokémon. Ce n’est vraiment pas le cas dans Légendes Pokémon ZA qui massacre purement et simplement cette partie de l’expérience du jeu.

Alors oui le titre a un semblant de scénario, impliquant des méga-évolutions hors de contrôle et un petit peu de mythologie, mais honnêtement tout ça représente à peine 10% de l’aventure. Le gros morceau reste le ZA Royale qui est inégal mais pas forcément décevant. Chaque phase du tournoi vous confronte à un dresseur pour passer au rang suivant (de Z à A, mais on ne fait pas toutes les lettres de l’alphabet), ces derniers étant grosso modo les équivalents de champions d’arène. Sauf que le jeu est véritablement scindé en deux avec un début poussif rempli d’opposants bidons aussi charismatiques que des huîtres. Ca s’améliore heureusement en deuxième moitié quand le jeu dégaine enfin des personnages travaillés, tout plein d’anectodes et de dialogues rigolos, ainsi que des combats et animations qui fait monter la pression. On commence alors vraiment à se sentir dans un jeu Pokémon.

Ca devient beaucoup plus vivant grâce à l’importance donnée aux méga-évolutions, à une gestuelle et une expressivité soudainement bien plus riches. De la streameuse aux pokémons électriques (oui, encore!) aux yazukas débonnaires en passant par la yandere millionnaire, Légendes Pokémon ZA finit par être assez divertissant. Profonde insatisfaction en revanche sur le choix du rival, ou plutôt l’absence de choix puisque le jeu vous l’impose alors qu’il y en a deux différents. On choisit son personnage, alors pourquoi on ne choisirait pas le rival? Et bien sûr on va vous imposer le sexe opposé, oukase malvenue et injustifiable. Dans un jeu qui fait très attention à la diversité (et c’est bien), pourquoi n’aurait-on pas droit à des relations yuri ou yaoi? Le jeu n’est tout simplement pas dans son époque.

Le plus gros apport de Légendes Pokémon ZA reste sur la partie combat. Pour la première fois en presque 30 ans, le tour par tour disparaît de la licence! Les combats se jouent maintenant en temps réel, avec un temps de rechargement pour chaque attaque. Les impacts sur le gameplay sont considérables, puisque qu’il n’y a plus besoin de choisir par exemple entre une technique qui augmente les statistiques et une attaque : on peut les utiliser directement l’une après l’autre. Par ailleurs, la notion de précision n’existe plus. Plus aucune attaque ne va rater, y compris Cyclone par exemple, mais en contrepartie son temps de rechargement sera très long.
Les talents n’existent plus non plus, en dépit du ressort stratégique que ces capacités passives représentaient. Ce système exige également une extrême réactivité de la part du joueur, car il faut décider en une demi-seconde quel pokémon on va envoyer ou quelle attaque on va choisir. Les adversaires n’attendent pas et ils sont excessivement puissants à mesure que l’on progresse. Il y a une vraie tension qui est tout à fait palpitante, mais vu d’un autre angle, Légendes Pokémon ZA est devenu trop difficile pour les enfants.

Les méga-évolutions sont un autre marqueur de Légendes Pokémon ZA. Il a fallu quasiment dix ans au développeur pour se rendre compte que tout le monde trouvait ça génial et qu’il fallait absolument conserver cet aspect. Correction enfin faite dans ce volet car toutes les méga-évolutions reviennent et il en rajoute même beaucoup d’autres. En acquérant les fameuses pierres de méga-evolution, les créatures peuvent donc prendre une forme encore plus agressive et spectaculaire pendant les combats. Cela ajoute grandement au dynamisme et à la satisfaction des combats. 26 nouvelles méga-évolutions sont au programme, dont Lugalabre, Airmure et Mormatik par exemple. A noter que le DLC Méga-Dimension apporte encore d’autres méga-évolutions.

L’optimisation des statistiques n’est pas aussi aisée que dans Pokémon Violet et Ecarlate. Déjà les aromates sont chères et les fonds ne rentrent pas aussi facilement qu’avant dans Légendes Pokémon ZA. Difficile donc d’avoir des natures parfaites si vous avez plusieurs équipes. Mais c’est au niveau des IV que ça coince car les Capsules ne sont pas en vente et sont rarissimes en solo dans le jeu de base. Ceci sert donc à vendre le DLC où elles s’obtiennent bien plus facilement! Autre motif d’insatisfaction, Pokémon Home ne sera compatible que «courant 2026». Pour un service payant, c’est plus que scandaleux d’attendre autant surtout qu’il y a des pokémons exclusifs dans le DLC qu’on aurait pu faire venir de la Home (avec des bons IV). Tout cela est de l’enfumage mercantile pour vendre plus de DLC, dont il était étonnant qu’il sorte aussi vite…

Légendes Pokémon ZA possède un contenu annexe assez étendu qui assure un durée de vie de près de 50 heures minimum. La mode n’a pas de limite pour personnage principal, personnalisable avec tout un tas de vêtements différents. Enfin si, car on observe avec surprise que les jupes n’existent pas à Illumis. Les quêtes annexes sont légion, même si l’intérêt est franchement variable. Certaines conduisent néanmoins à des pokémons légendaire comme Diancie. Au niveau des échanges, c’est la douche froide. La Global Trade Station est dans la Home qui n’est pas compatible et les échanges miracle ont également disparu du jeu de base. Bref, si vous ne connaissez personne qui joue à pokémon, vous ne pouvez pas échanger. La seule technique qui fonctionne en solo et d’utiliser les codes échanges pour les créatures qui évoluent lors du transfert.
Légendes Pokémon ZA
Editeur/développeur : Nintendo/Game Freak
Genre : Jeu de rôles
Modes : Solo/multijoueur en ligne
Sortie France : 16 octobre 2025
Machine(s) : Switch, Switch 2





