La mort ne les a pas séparé. Huit ans après le salut final de son père, David Hallyday remonte lui sur scène pour rendre hommage à son papa chanteur. Un « Requiem pour un fou » ranimant leurs grands classiques respectifs entre communion et ambiance enflammée. Live report.

David Hallyday - Requiem pour un fou - tournée - Johnny Hallyday - hommage -
Drouin Alicia

D’un fils à un père

Rallumer le feu. Quasi huit ans que Johnny Hallyday s’est éteint. Légende qui a laissé des millions de fans orphelins mais aussi bien entendu son fils David Hallyday. Un chanteur tissant un peu plus ce lien « Eternel » avec son père. « Il y a des peines immortelles » se confesse-t-il sur ce titre posthume dédié à Johnny Hallyday. Artiste dont le nom suffit à ranimer « L’envie » du public se rassemblant en masse à ce rendez-vous symbolique. Un spectacle hors du temps entre nostalgie et modernité rejouant notamment les tubes intemporels du rockeur. Une ambiance résonnant justement tout au long de ce show rythmé de riffs de guitare et coups de batterie. Une bande son explosive accordée à une scénographie bluffante entre jeux de lumière et grands écrans animés de souvenirs. Allant de la diffusion d’images en noir et blanc défilant sur « Quelque chose de Tennessee », à une pluie d’étoiles scintillant « Derrière l’amour ». « Derrière l’amour il y a, Toute une chaîne de pourquoi, Questions que l’on se pose, Il y a des tas de choses, Les pleurs que l’on garde sur le coeur, Et des regrets et des rancoeurs ». Des paroles prononcées avec pudeur par l’interprète de « Tu ne m’as pas laissé de temps ». Une chanson elle aussi de circonstances clamant l’importance de dire aux gens qu’on les aime avant qu’il ne soit trop tard. « C’que j’voulais te dire, Reste sur des pages blanches » écrivait le chanteur à destination de son grand-père maternel, s’adressant à présent à celui qui berçait ses rêves d’enfant. Avant de faire face à son portrait projeté en gros plan le temps d’un duo virtuel sur « Sang pour sang » demeurant une richesse de son héritage. Et s’il déplorait n’être « Le père de personne », David Hallyday n’est définitivement pas le fils de n’importe qui. Le frère de « Laura » envoyant une « (Ma) dernière lettre » à leur parent commun en signe de paix et transmission. Tout en saluant un jeune fan sur les épaules de son papa, comme pour mieux boucler la boucle.

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Drouin Alicia

Un joyeux hommage

Une tournée historique sonnant une réconciliation familiale tout en faisant le lien entre les générations. S’il revendique sa légitimité, David Hallyday prouve également qu’il a su grandir artistiquement et construire sa propre identité. Un artiste transmettant l’âme musicale du taulier tout en se détachant des versions originales. Livrant sapropre vision de chansons cultes de Johnny Hallyday, dépoussiérées mais pas dénaturées. À l’image de son interprétation intense de « Diego libre dans sa tête ». Un artiste qui pour son premier concert à Troyes a voulu marquer le coup en faisant monter la température au milieu de flammes d’« Allumer le feu », fraîchement ajouté à sa setlist. Un hommage tout sauf triste pour « Le plus heureux des hommes » souriant et fier de faire (re)découvrir au public à la fois sa propre discographie, ses talents de musicien ainsi que l’oeuvre de celui dont il ne prononce jamais le nom. Un « Requiem pour un fou » de plus de deux heures déterrant les chansons favorites des fans de Johnny, dont forcément ce titre éponyme toujours aussi palpitant. Sans oublier le vibrant « Je te promets » refroidissant l’atmosphère d’une épaisse vapeur. Ni l’indémodable « Vivre pour le meilleur » et son message universel résumant l’importance de la liberté et l’amour avant que tout ne parte en fumée.

DROUIN ALICIA