Comédie intergénérationnelle par excellence, « Le sens de la famille » actuellement à l’affiche, réunit absolument tous les codes pour amuser petits et grands. Un long-métrage poilant basé sur un transfert de corps et d’esprits entre tous les membres d’une même famille. Une tribu dysfonctionnelle qui va devoir apprendre à coopérer pour résoudre cette situation inédite et loufoque.

Le sens de la famille - comédie - film - Alexandra Lamy - Franck Dubosc -

Le synopsis

On ne choisit pas sa famille, au grand regret d’Alain Morel qui n’en peut plus des mésententes et moments ratés avec la sienne. Un ras le bol qui va le conduire à faire ce vœux que l’on a déjà tous fait : en changer. Seul hic, dés le lendemain matin la magie a plus que frappé parents et enfants qui se réveillent tous dans le mauvais corps. Mais comment gérer un papa qui se met à sucer son pouce et faire des caprices, une ado au volant, ou une fillette de sept ans qui devient la maîtresse de maison ?

Le sens de la famille - comédie - film - Alexandra Lamy - Franck Dubosc -

Jeu des 7 corps et gags rocambolesques

C’est une envie banale qui nous a déjà tous traversé l’esprit : changer de famille. Un souhait que n’aurait jamais prononcé Alain Morel lors de cet instant de solitude sur la rivière des souhaits, si il avait su ce qui l’attendait. Se retrouver dés le lendemain dans le corps de Chacha 7 ans sa cadette. Même sanction pour ses proches qui ont eux aussi switchés de corps. Un scénario dans la même lignée que « Freaky Friday » construit autour d’un « body swap » grandeur nature. Mais qui dix-huit ans plus tard va encore plus loin dans cette version française racontant les péripéties de toute une tribu. Sur le papier le récit pourrait nous perdre, mais c’est sans compter sur les explications, post-it et t-shirt à l’effigie de chacun subtilement intégrés qui aident beaucoup. Dirigé aussi par le profil des différents personnages hauts en couleur et représentatifs de ce qu’on attend de chaque profil (le père démissionnaire, la mère organisée, l’enfant émerveillée par les licornes et déguisements de princesses). Sans oublier la qualité des acteurs qui parviennent à se fondre pleinement dans leur rôle. À commencer par Franck Dubosc qui nous régale avec ses mimiques et réactions prononcées. S’avérant crédible tant en fillette surexcitée sautant sur le lit conjugal qu’en adolescente ultra-connectée en pleine crise de confiance. Car oui, le jeu des « personnalités musicales » ne s’arrête pas à une unique transformation, il se multiplie tout au long de ce sacré remue-ménage. Au grand regret de Sophie la mère de famille (Alexandra Lamy) qui subit impuissante plusieurs régressions. Se mettant malencontreusement à fumer en oubliant que physiquement c’est sa petite dernière (incarnée brillamment par Rose de Kernevoaël) que les policiers choqués embarquent au poste. Le tout en devant jongler aussi avec les interrogations de son collègue et amant tourmenté par son comportement étrange. Le décalage fonctionne, les comportements et expressions volontairement caricaturales et assumées également. Le rire est au rendez-vous à chaque nouveau rebondissement comme l’arrivée de la grand-mère mêlée à la farce malgré elle. Une doyenne prenant un malin plaisir à retrouver une seconde jeunesse à une soirée entre ados ou en testant des substances illicites de son petit fils métalleux. Un rebelle revêtu lui à son grand regret de la robe de princesse de sa petite sœur très amusé par ses nouveaux abribus masculins. Jusqu’à la dernière seconde les gags fusent et situations rocambolesques se succèdent. Autant d’éléments qui plongent les spectateurs au coeur de l’histoire et se laissent divertir avec légèreté. Au delà de se prendre au jeu, certains dans la salle se questionnent même sur leur comportement si un jour ils devaient se retrouver dans le corps de leur sœur, père ou grand-mère. Extériorisant aussi leur empathie face à cette drôle d’équipe attachante tentant de mettre un terme à ce schéma perturbant à coup de théories scientifiques bancales. Et si la clé se trouvait en fait dans l’union et la compréhension des uns et des autres ?

DROUIN ALICIA