La série Akame ga kill, mondialement renommée, s’est finie il y a quelques temps avec la fin de la préquelle sous-titrée Zero. Une fois son hit planétaire achevé, le scénariste Takahiro s’est lancé en 2019 dans une toute nouvelle licence du nom de Mato Seihei no Slave.

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L’insécurité à drôlement augmenté dans la capitale japonaise!

Les fans de l’auteur doivent être avertis : sur les trois premiers volumes, ce nouveau manga semble avoir une approche différente de celle d’Akame ga kill. Le héros Yûki est un lycéen ordinaire dans un Tokyo qui ne l’est pas du tout. En effet, un monde parallèle appelé Mato (que l’un traduira par “Cité Démoniaque” pour les besoins de l’article) s’est superposé à la ville et il arrive que les citoyens s’y perdent et soient dévorés par des démons.

Les femmes au pouvoir

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L’autre particularité de la Cité Démoniaque sont les fruits qui y poussent. Les pêches de ce monde étrange donnent des pouvoirs spéciaux à celles qui les consomment. “Celles” car les bénéfices de ce fruit surnaturel ne s’applique… qu’aux filles! Dans Mato Seihei no Slave, le Tokyo de 2020 a donc vu a renversement complet des inégalités hommes-femmes en faveur de ces dernières. L’encadrement de la Cité Démoniaque et la protection des citoyens est alors confiée aux femmes aux pouvoirs les plus puissants, assez fortes pour s’y risquer. Ce faisant, Mato Seihei no Slave apparaît nettement plus centré sur les personnages féminins que la série précédente de Takahiro.

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C’est ainsi que Yûki est sauvé des dangers de la Cité Démoniaque par Kyôka, une des membres de l’unité de défense de la ville. Malheureusement pour lui, Yûki ne rentrera pas chez lui car Kyôka a besoin de ses services : le pouvoir de la jeune femme repose sur l’utilisation de servants, et Yûki s’avère être plus que compatible avec cette capacité. Sous l’impulsion de Kyôka, le jeune homme se transforme de fait en créature surpuissante capable d’abattre des dizaines de shûki, les monstres rôdant dans la Cité Démoniaque.

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Yûki va donc accompagner Kyôka sur le front et intégrer son unité. Ce en quoi Mato Seihei no Slave prend une dimension particulière puisqu’entre les missions visant à repousser les shûki, le garçon va devoir s’occuper des tâches ménagères et des membres de l’unité. Dans ces séquences, le manga prend un ton très humoristique et romancé car les subalternes de Kyôka ont un sacré caractère! Himari ne cesse de lui imposer les corvées et le réquisitionne comme camarade d’entraînement. Shushu quant à elle invente tout un tas de chantages pour obtenir ses faveurs.

Ces séquences hors combat sont très plaisantes, surtout que le mangaka qui est en binôme avec Takahiro pour Mato Seihei no Slave, Yôhei Takemura, a clairement un talent inné pour dessiner les personnages féminins. L’inventivité est également au rendez-vous avec pleins de gags aussi amusants que variés. Par contre et c’est là a priori la plus grosse différence avec ce que Takahiro a produit jusque-là, le manga est considérablement porté sur les scènes sexy. La nudité est monnaie courante et ce titre se destine donc aux lecteurs avertis.

Une narration bien construite

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L’auteur sait parfaitement renouveler l’intérêt de chapitre en chapitre

Toutes les filles combattent avec des différents pouvoirs qui ont ont été conçus par l’auteur dans la plus pure tradition shônen. Shushu peut devenir géante, Nei voit l’avenir et Himari peut emprunter les capacités d’autrui. La où le manga fait la différence, c’est que les pouvoirs sont complexes, longuement expliqués et donnent lieu à pas mal de stratégie lors des affrontements. Affrontements qui débordent d’énergie car le rendu graphique des sorts et autres coups spéciaux est puissant. Yôhei Takemura est très convaincant, en particulier en prenant des double pages pour les moments les plus dantesques.

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Les scènes d’actions ont vraiment la classe et sont un plaisir à relire

L’histoire et la construction de l’univers se développe assez nettement dans les volumes deux et trois, qui voient l’arrivée d’une unité rivale à celle de Kyôka. Qui dit rivalité dit bien sûr match au sommet et relations houleuses. Et là on est franchement pas déçu puisque la sœur de Himari, Yachihô, offre plusieurs chapitres d’anthologie tant elle est possessive, hautaine et… coriace! Le scénario embraye ensuite un front commun des deux unités contre les shûki et leurs leaders surpuissants, avec là encore des combats prenants et du suspense. On a donc là une évolution narrative remarquable qui suit la règle d’or du manga shônen : les ennemis d’hier sont les alliés d’aujourd’hui, le scénario s’élève vers des enjeux plus globaux.

Très bonne entrée en matière pour la nouvelle licence de Takahiro. En seulement trois tomes, le scénariste arrive à réunir tous les ingrédients du parfait manga shônen, avec cependant une touche sexy qui le destine plutôt à un public masculin plus âgé. Les personnages, rudement bien dessinés, sont aussi drôles qu’intéressant à suivre dans les combats. L’univers a l’air de s’étendre et jusque-là Takahiro maintient un équilibre de la narration remarquable.

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Auteur : Takahiro (scénario), Yôhei Takemura (dessin)
Editeur : Shueisha (Japon)
Label : Jump Comics+
Genre : Action/Shônen

Thomas Froehlicher est chroniqueur Japon & Gaming. Rédacteur pour plusieurs sites spécialisés dans le jeu vidéo, il intervient sur l'actualité vidéo-ludique depuis trois ans. Sa passion pour la culture japonaise, aussi bien classique que moderne, l'a poussé à en étudier la langue en parallèle de sa majeure en finance, puis à effectuer un semestre d'échange universitaire à Sophia University à Tokyo. Il est titulaire du Japanese Language Proficiency Test niveau 1 depuis 2012, et depuis ne jure que par les versions originales en japonais.