Chaque soir, la comédienne Catherine Salviat se glisse dans la peau de Mère Teresa. Avec respect, elle prêche humblement pour la paroisse de la Charité en ressuscitant la frêle silhouette de leur fondatrice: Agnessa Boyajyan devenue Sainte Teresa.

Le temps d’une heure, elle expose au public le combat d’une femme exceptionnelle qui s’est élevée toute seule contre la faim et la misère humaine. D’une voix douce et mutine, elle raconte l’enfance heureuse de la petite Teresa élevée par un père voyageur et une mère couturière. Elle évoque ses joies et son insouciance, puis le ton devient solennel lorsque Teresa décide de se consacrer au service du Christ et de ses semblables. Partant pour l’Inde, la pieuse demoiselle y devient professeur d’histoire durant plus de 20 ans mais elle se sent chaque jour appelée vers d’autres cieux… Sa mission se dessine enfin dans les bas fonds de Calcutta où elle commence à contrer la fatalité en venant en aide aux malades et aux démunis. Cet amour et ce dévouement à l’égard des autres se poursuivra ainsi pendant plus de cinquante ans grâce à la générosité de ce petit bout de femme qui achèvera son séjour terrestre après avoir reçu, entre autres, le Prix Nobel de la Paix.

Catherine Salviat interprète Mère Teresa dans une mise en scène de Pascal Vitiello.

De sa naissance dans l’Empire Ottoman à sa canonisation en 2016 par le Pape Francois, c’est un étonnant parcours que nous relate Catherine Salviat. Calme et sereine dans une mise en scène qui cède toute la place au texte, l’actrice confère à son monologue autant d’application que d’humilité. Vêtue d’une simple tunique et chaussée de basquettes, elle incarne l’image d’une femme simple mais aussi celle d’une âme tourmentée qui a vu sa Foi vaciller parmi les ténèbres. Peu de gens le savent mais le vide spirituel s’est emparé de Mère Teresa durant de très longues années : Jésus ne lui a plus parlé et elle s’est mise à douter de Dieu. Fort heureusement, sa compassion et son optimisme ont repris le dessus et lui ont permis de retrouver la lumière.

Lorsqu’on demande à Catherine Salviat pourquoi elle a choisi ce texte de Joëlle Fossier, elle nous dit d’abord que cela découle d’une longue amitié avec l’auteure. Elle avoue ensuite qu’au fil des représentations, elle s’est, peu à peu, attachée à cette « Petite Soeur des pauvres » qui a réussi à créer plus de 600 missions à travers le monde ! Certes une heure ne suffit pas pour faire le tour de Mère Teresa mais la comédienne espère que cet aperçu théâtral incitera les gens à se pencher d’avantage sur cette digne ambassadrice de la charité.

Si à votre tour vous souhaitez découvrir les doutes et les espérances de Mère Teresa, rendez-vous au sommet du Lucernaire : vous y trouverez une petite salle propice aux confidences qui porte judicieusement le nom de « Paradis ». Quoi de plus approprié pour y accueillir une Sainte ?

Mère Teresa? Un seul en scène qui réhabilite humblement la Sainte de Calcutta en levant le voile sur ses tourments intérieurs.

 

 

Mère Teresa : Ombre et lumière
De Joëlle Fossier
Mise en scène Pascal Vitiello
Avec Catherine Salviat, sociétaire honoraire de la Comédie-Française
Le spectacle dure 1 heure

Théâtre du Lucernaire
53, re Notre-Dame des-Champs
75006 Paris

Jusqu’au 4 novembre 2017
Du mardi au samedi à 19h
Réservation: 0145445734
http://www.lucernaire.fr

Photos @Lot

 

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Florence Yérémian est journaliste culturelle. Rédactrice auprès de Muséart, Paris Capitale, L’Oeil ou le BSC News, elle couvre l’actualité parisienne depuis plus de vingt ans. Historienne d’Art de formation (Paris Sorbonne & Harvard University), correspondante en Suisse et à Moscou, elle a progressivement étendu ses chroniques au septième art, à la musique et au monde du théâtre. Passionnée par la scène et la vie artistique, elle possède à son actif plus de 5000 articles et interviews.