La réalité virtuelle avait fait une grosse impression lors de son lancement. Mais depuis, l’enthousiasme est beaucoup moins palpable et d’aucuns se demandaient déjà si la technologie elle-même allait pouvoir survivre. Il est incontestable que le Playstation VR, le casque de réalité virtuelle de la PS4, a manqué de titres forts ces derniers mois. Ayant bénéficié d’une grosse promotion de la part de Sony et d’Ubisoft, Transference compte bien combler ce manque.

Le mystère d’une famille déchirée

Raymond Hayes est un chercheur en neurologie ayant mis au point un casque permettant de partager la mémoire et la conscience d’autrui. En d’autres termes, le casque de réalité virtuelle que le joueur porte lui-même. Transference suppose donc que vous héritez des découvertes de Hayes pour se synchroniser avec lui et faire la lumière sur le destin tragique de sa famille. Dans ce jeu d’aventure, vous explorez donc petit à petit son appartement.

Vous partagez la mémoire du chercheur à deux époques de sa vie, ce qui vous permet de voyager dans le temps afin de trouver les indices nécessaires à la progression. En pratique, appuyer sur les interrupteurs vous fait alterner entre l’année 2011 et le présent. C’est particulièrement important car certains objets-clés n’existent plus dans le présent. Dans le même ordre d’idée, vous devrez effectuer certaines actions dans le passé pour faire apparaître des portes ou réparer l’espace-temps dans le présent.

En plus de cela, les développeurs ont eu la bonne idée d’intégrer quelques énigmes, parfois tordues mais qui s’avèrent très intéressantes à résoudre. Il faut reconstituer des mots de passe, une séquence musicale ou déduire la bonne heure. Le jeu donne des indices assez diffus, ce qui permet au joueur de vraiment s’impliquer dans la réflexion et dans l’histoire. Bien malheureusement, l’aventure s’avère bien plus linéaire qu’elle ne le laisse imaginer : des nombreux appartements visibles dans la bâtisse, on n’en visite au final qu’un seul…

Ambiance, ambiance…

Le studio de cinéma SpectreVision d’Elijah Wood a travaillé main dans la main avec Ubisoft sur Transference, et ça se voit. Le jeu possède une ambiance aussi sombre et terrifiante que les meilleurs films d’épouvante. L’univers est parsemé d’éléments graphiques et sonores destinés à mettre la pression en permanence. Les murs par exemples sont couverts de figures difformes et repoussantes, ou encore d’interminables formules mathématiques trahissant la folie de Hayes. N’oublions pas aussi que le Playstation VR simule un environnement de jeu se trouve tout autour de vous, et pas juste sur l’écran. Le sentiment de danger est démultiplié. Avec une telle maîtrise de l’angoisse, il n’y a aucun doute que Transference est à la hauteur des ambitions de SpectreVision.

L’autre point noir est que le scénario ne donne jamais les réponses aux questions qu’il pose. L’épilogue ne lève pas le voile sur le sort de la famille Hayes, laissant le joueur plutôt confus. Transference est également assez court, puisqu’il se finit en quatre heures environ. Cela est néanmoins compensé par son petit prix : 25€ sur le Playstation Store, bien moins cher que la moyenne des sorties.

Court et assez déroutant, Transference n’en est pas moins un thriller psychologique d’une intensité rarement vue jusqu’alors. Vivre une telle expérience cinématographique en réalité virtuelle est profondément marquant. Le titre d’Ubisoft donne le sentiment d’être le prologue à quelque chose de plus grand. C’est tout le mal qu’on lui souhaite, car la réalité virtuelle n’a pas fini de nous étonner.

Transference

Développeur : Ubisoft Montréal/SpectreVision
Editeur : Ubisoft
Genre : Aventure/réflexion
Modes : Solo uniquement
Machines : PS4 (Playstation VR), Xbox One, PC

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Thomas Froehlicher est chroniqueur Japon & Gaming. Rédacteur pour plusieurs sites spécialisés dans le jeu vidéo, il intervient sur l'actualité vidéo-ludique depuis trois ans. Sa passion pour la culture japonaise, aussi bien classique que moderne, l'a poussé à en étudier la langue en parallèle de sa majeure en finance, puis à effectuer un semestre d'échange universitaire à Sophia University à Tokyo. Il est titulaire du Japanese Language Proficiency Test niveau 1 depuis 2012, et depuis ne jure que par les versions originales en japonais.