Pleins feux sur la jeune création au Théâtre de l’Opprimé

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Le théâtre de l’Opprimé est un lieu qui privilégie les troupes émergentes et la dramaturgie contemporaine. A l’occasion de la 11e édition de son Festival « Pleins Feux sur la Jeune Création », il ouvre sa saison autour de quatre pièces : Black Garden met en avant le conflit du Haut-Karabagh entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, Ad Lib nous invite à un weekend entre amis qui tourne à la tempête, Ma ligne droite retrace la liaison amoureuse entre un homme et une femme, quant au spectacle Atavi, il crée des scènes burlesques autour de l’absurdité des fêtes de Noël et des enterrements de famille.

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Black Garden - Théâtre de l'opprimé - war - guerre - karabakh - Gordon Penn - Arthur Makaryan - Syma News - Syma Mobile - Florence Yeremian - Paris - Armenie - Armenia - Azerbaïdjan - Karabagh - war - Russie - AGBUBlack Garden

En ce mardi 5 septembre, nous avons assisté à la première de Black Garden. Inspirée par les évènements historiques du Haut-Karabagh cette courte pièce d’une heure met en scène de façon subtile le triste conflit de ce territoire arménien rattaché par Staline en 1921 à l’Azerbaïdjan. Entre 1988 et 1994, plus de 30000 soldats ont connu la mort dans cette enclave et gangrené toute la région de leurs cadavres. L’auteur américain, Gordon Penn, a voulu analyser cette guerre en s’interrogeant essentiellement sur ses conséquences psychiques et comportementales auprès des Arméniens et des Azeris.

Dans un dialogue à la fois violent et saupoudré de cynisme, il compose plusieurs tableaux où se croisent successivement les Présidents des deux territoires, des militaires ennemis ainsi qu’un jeune couple. A travers cette triple symbolique de l’Etat, de l’Armée et des civils, Gordon Penn dépeint des personnages marqués de cicatrices physiques autant que mentales.

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Même les présidents complotent dans le dos du peuple …

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Une pièce dynamique qui rouvre le débat sur le Haut-Karabagh

Afin de capter l’esprit du public avec ce texte audacieux, le metteur en scène Arthur Makaryan a opté pour une partition assez sobre : dans la grande salle de pierre du Théâtre de l’Opprimé, il a placé une carte murale du Karabagh, une balance ponctuant chacun des actes de la pièce et un vieux bureau soviétique sur lequel repose un cognac arménien.

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Tamara Sevunts
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Alex Marz

Seuls sur scène, les comédiens Tamara Sevunts et Alex Marz donnent vie avec beaucoup d’énergie à leurs multiples protagonistes. Tour à tour politiciens, prisonniers ou tout simplement amoureux, ils font tourner la roue de l’Histoire au rythme des complots, des trahisons et des manipulations médiatiques.

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Dans un premier temps, la pièce peut sembler complexe si l’on ne connait pas les détails de ce conflit territorial tels que les pogroms anti-arméniens de Soumgaït et de Bakou, les déplacements massifs de réfugiés et le rôle trouble de la Russie qui joue sur les deux tableaux pour défendre ses propres interêts. Black Garden possède cependant une telle dynamique que cette création théâtrale éveille la curiosité du public en le poussant à décrypter les dessous de cette discorde : entre les variations de lieux, les changements successifs de costumes et les glissements de langues (l’on passe alternativement du français à l’anglais), l’on se laisse porter dans cette guerre sans fin où tous, finalement, sont devenus des victimes..

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Quand les chefs d’Etat s’effondrent face aux conflits…

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Gordon Penn : un auteur progressiste 

L’auteur Gordon Penn ne prend pas vraiment parti. De nature pacifiste, il nous offre un constat sur les séquelles de la guerre qui montre à quel point les nouvelles générations sont toujours les victimes innocentes des gouvernements pervertis et des erreurs passées.

Avec respect et intelligence, Gordon Penn s’attache également à élever le rôle de la femme orientale en ne se contentant pas d’en faire une simple épouse : politiciennes ou militaires, les femmes de son récit s’extraient avec force de leur statut archaique de génitrices pour devenir elles-mêmes des militantes et des éléments influents de l’Histoire.

Black Garden ? Une pièce à tiroirs qui nous interroge sur les conséquences des guerres en remettant en cause le perpétuel mensonge gouvernemental et médiatique. 

Black Garden – PDF SYMA News – Florence Yérémian

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Black Garden
De Gordon Penn

Mise en scène Arthur Makaryan
Avec Tamara Sevunts et Alex Marz
Langue : Anglais et Français (avec surtitres)
60 minutes
http://www.theatredelopprime.com/evenement/black-garden-5-9sept18/

Théâtre de l’Opprimé (Le T.O)
78/80 rue du Charolais
Paris 12e
Réservations : 01 43 45 81 20
https://theatredelopprime.mapado.com/

 

Black Garden - Théâtre de l'opprimé - war - guerre - karabakh - Gordon Penn - Arthur Makaryan - Syma News - Syma Mobile - Florence Yeremian - Paris - Armenie - Armenia - Azerbaïdjan - Karabagh - war - Russie - AGBUFestival « Plein feux sur la jeune création » – 11e édition
Du 3 au 30 septembre 2018
Du 5 au 9 Black Garden d’Arthur Makaryan
Du 12 au 16 Ad Lib du Collectif Le Poulpe
Du 19 au 23 Ma ligne droite de Romain Grard
Du 26 au 30 Atavi de la Compagnie Chahut(s)

Photographies : ©Florence Yérémian & ©Gene Lazo

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Florence Yérémian est journaliste culturelle. Rédactrice auprès de Muséart, Paris Capitale, L’Oeil ou le BSC News, elle couvre l’actualité parisienne depuis plus de vingt ans. Historienne d’Art de formation (Paris Sorbonne & Harvard University), correspondante en Suisse et à Moscou, elle a progressivement étendu ses chroniques au septième art, à la musique et au monde du théâtre. Passionnée par la scène et la vie artistique, elle possède à son actif plus de 10000 articles et interviews.