Il est de ceux que le football Français n’oubliera jamais à l’instar des deux Thierry aux phrases mythiques qu’étaient Gilardi et Roland. Il avait pour habitude de dire « On refait le Match » il est désormais l’heure pour nous de lui emprunter et de dire « On refait sa carrière ». Retour sur l’immense commentateur Eugène Saccomano qui nous a quitté en ce début de semaine.

Indissociable du football et présent sur les plus belles émotions du football héxagonal,  Eugène Saccomano est l’homme dont on connaissait sa voix bien avant de découvrir son visage. Débutant le journalisme en remportant le prix du concours du « meilleur reporter sportif junior » organisé par le quotidien L’Equipe. Il se rend en Finlande pour couvrir ses premier Jeux Olympiques d’été. Nous sommes en 1952, il n’a alors que seize ans. Huit ans plus-tard, il intègre la maison bleue EUROPE N°1 comme correspondant à Marseille puis rejoint en 1970 la rédaction parisienne pour devenir journaliste national et présenter les tranches informatives de la station. A partir de là, sa carrière prend un virage pour retrouver son amour du sport, il file alors sur le Service des Sports et devient le présentateur majeur des événements mondiaux tels que la Coupe du Monde de Football ou bien les Jeux Olympiques. Après des années à ce poste, il créer la première émission quotidienne sur le sport avec déjà un style inimitable puis s’inspire de l’Italie pour crée un « TALK » sur le sport c’est-à-dire un programme de débat de haute volée. Envoyé sur le banc de touche par Europe 1 après une quarantaine d’années de service, RTL le recrute en 2001. Il crée alors l’émission « ON REFAIT LE MATCH » qui deviendra son gimmick phare jusqu’à sa fin de carrière radiophonique et l’une des plus grandes émissions radio des années 2000.  En parallèle de la radio, il est aussi la voix officielle du Jeu Vidéo FIFA 06 et, est l’auteur de romans comme « GONCOURT 32 » , « UNE ROMANCE MARSEILLAISE » ou encore « BANDIT A MARSEILLE » (1959)  qui a inspiré le scénario du cultissime film « BORSALINO » en 1970.  Egalement, il écrit des réalisations sur Berlusconi, sur les stars du football et sur les dessous de l’Equipe de France.

L’homme né à Marseille mais dont le Gard était son ADN permettait à tous de vivre une rencontre à 100% même sans avoir les images. Partie prenante pour les deux équipes, il était toujours aux aguets pour surjouer une action ou une décision anodine et créée ce style incroyable « sacco » qui a donné tant envie aux jeunes passionnés –comme moi- de devenir Journaliste Sportif. Après Thierry Gilardi et Thierry Roland, un nouveau pan énorme du journalisme sportif est tombé cette semaine et les successeurs feront tout pour assurer les prochaines échéances du football mondial. Merci pour tout « Sacco ».

FRANCK MOILIER – @Franckm22