Un point sur la troisième semaine du Tour de France 2019

Cette édition du Tour de France nous emmène de Bruxelles à Paris avec évidemment des passages dans les Pyrénées et les Alpes. Au programme, 21 étapes pour 3480 kilomètres. Après avoir fait un point sur les deux premières semaines de la course, il est temps de revenir sur la dernière semaine de cette édition 2019.

Les Alpes terrible et Paris

On poursuit donc ce point avec l’étape seize de cette édition en circuit autour de Nîmes pour 177KM. Dans cette étape très rapide et venteuse sous une chaleur étouffante, l’échappée des premiers kilomètres est reprise sous la banderole des 5KM pour une arrivée au sprint avec la victoire de Caleb Ewan qui s’impose à la photo-finish devant Elia Viviani.

Pour la dix-septième étape entre le Pont du Gard et Gap les coureurs peuvent tous croire à la victoire avec son profil vallonné. Sous la chaleur écrasante du Gard, une trentaine de cyclistes s’échappent et creusent sur le peloton mais c’est finalement l’Italien Mattéo Trentin qui s’impose en solitaire loin devant le groupe maillot jaune qui franchit la ligne 20 minutes après le gagnant du jour.

L’heure des Alpes arrive avec la dix-huitième marche du Tour de France entre Embrun et Valloire longue de 208 km pour celle qui est considérée comme l’étape reine. Dépassant à trois reprises la barre des 2000 mètres d’altitude c’est donc une étape décisive pour le maillot à pois de meilleur grimpeur. L’échappée tarde à se mettre en place mais un groupe de 40 coureurs avec des grimpeurs lâchés au général figurent dans ce groupe. Après des regroupements multiples, les coureurs abordent le Galibier avec en tête Naïro Quintana qui place une attaque tranchante pour ses compagnons d’échappée mais Romain Bardet et Alexey Lutsenko sortent pour le rejoindre mais il est bien trop fort aujourd’hui. En parallèle, dans le groupe maillot jaune Bernal ouvre les hostilités avec une attaque mais son coéquipier Geraint Thomas le suit ainsi que Thibaut Pinot et Emanuel Buchmann. Seul Julian Alaphilippe craque dans la montée mais parvient à revenir sur le groupe dans la descente. Devant rien ne change, Quintana s’impose seul en tête à Valloire. Pour le général, Bernal arrive 32 secondes devant le groupe maillot jaune et s’empare de la deuxième place au général puis Bardet s’empare du maillot à pois.

L’étape dix-neuf de l’édition 2019 entre Saint-Jean-de-Maurienne et Tignes est désormais légendaire. L’étape commence fort, avec un peloton très étiré qui ne laisse aucun groupe s’échapper et qui laisse sur le carreau des coureurs comme Kwiatkowski, Bardet ou Gaudu avant même la première montée majeure. Plus tard, la course se poursuit avec une trentaine de coureurs échappés et les premières rampes du col de l’Iseran qui font exploser tout le monde. Pour le général, Bernal place une attaque monstrueuse à 6KM du sommet suivit de Thomas, Buchmann et Kruijswijk tandis que Alaphilippe ne peut déjà plus suivre. Dans son numéro de soliste, Bernal rattrape les derniers échappés puis la tête de la course pour mettre le tricolore maillot jaune à plus de 2 minutes. Enfin, alors que les coureurs font la descente pour attaquer la dernière montée du jour vers Tignes, l’étape est neutralisée a cause d’un orage monumental de grêle provoquant des coulée de boue. La route étant totalement coupée et impraticable à 20KM de l’arrivée, l’étape est désignée sans vainqueur et sans combatif, mais les temps sont pris au sommet du col de l’Iseran. Egan Bernal prend donc le maillot jaune en plus du maillot blanc de meilleur jeune grâce à son audace dans l’Iseran. Par ailleurs, notons que Thibaut Pinot a été contraint d’abandonner quasiment au début de cette étape pour une lésion à la cuisse gauche.

Samedi, la vingtième étape du tour est modifiée dans les dernières heures avant le départ  en raison des intempéries et des coulées de boue de la veille. La direction du Tour de France prend la décision de raccourcir l’étape de 130KM à 59,5KM avec la montée finale comme seule difficulté du jour. L’étape commence donc par une vingtaine de kilomètres de plat où un groupe de 29 coureurs parvient à s’extirper du peloton. A 19 km du sommet, Romain Bardet lâche prise, et son maillot à pois est en danger puis c’est Julian Alaphilippe qui craque à son tour et perd progressivement du temps. Devant, Nibali place une attaque pour terminer la montée en solitaire et n’est finalement pas rejoint au sommet, remportant une nouvelle victoire d’étape dans le Tour de France. Malgré sa mini distance, l’étape n’aura finalement pas fait la différence hormis pour Julian Alaphilippe qui sort du podium et termine le tour à la cinquième position.

Pour finir, la dernière étape ne change pas la hiérarchie et n’a qu’un seul intérêt, celui de la victoire d’étape sur les Champs-Élysées. À l’entrée dans Paris, le tempo accélère et les Ineos, comme le veut la tradition, passent en tête au premier passage sur la ligne d’arrivée. Par la suite, malgré plusieurs tours en tête d’un groupe de fuyards, ils sont rattrapés dans l’avant-dernier tour de circuit pour le traditionnel sprint-massif et c’est l’Australien Caleb Ewan qui remporte sa troisième victoire sur ce Tour, et qui devient le premier australien à s’imposer sur les Champs depuis Robbie McEwen en 2002.

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Romain Bardet sacré meilleur grimpeur de cette édition / Bertorello

 Le Tour de France 2019 se termine avec un beau palmarès et trois semaines merveilleuses. Movistar est sacrée équipe de cette édition, Bernal devient le premier coureur Colombien et Sud-américain à gagner le Tour de France, second on retrouve son coéquipier Geraint Thomas et Simon Kruijsvijk. Le Colombien remporte également le maillot Blanc de meilleur espoir tandis que Romain Bardet remporte le maillot à pois et Peter Sagan prend le vert de meilleur sprinteur. Enfin, après quatorze jours en jaune, Julian Alaphilippe est élu super-combatif du Tour de France pour sa merveilleuse épopée.

Franck Moilier est journaliste polyvalent. Après des années autour du sport à Montpellier, il s’est rendu pendant quelques temps sur les ondes comme journaliste, producteur ou encore auteur. Aujourd’hui, il évolue toujours entre le sport, le théâtre et la radio afin de prendre du plaisir avec ses métiers « passions ».